Impact d'une prise en charge pluridisciplinaire, structurée et ciblée sur le parcours de soins du patient atteint de BPCO
En 2020, la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) était la 4ᵉ cause de décès dans le monde. En France, son coût annuel était estimé à 4 366 euros par patient, dont 25 % liés à la prise en charge des exacerbations et 33 % à l'hospitalisation. En 2014, la prévalence de la BPCO en France était estimée à 7,5 % de la population. Les projections de l'évolution épidémiologique de la BPCO prédisent systématiquement une augmentation de la prévalence des BPCO modérées à très sévères, notamment en raison d'une augmentation chez les femmes et chez les sujets âgés de 75 ans ou plus. La prise en charge des patients atteints de BPCO est multidimensionnelle et pluriprofessionnelle. En janvier 2020, la Haute Autorité de Santé (HAS) française a émis des recommandations pour une prise en charge globale de la BPCO, incluant le sevrage tabagique, les vaccinations contre la grippe et le pneumocoque, l'éducation thérapeutique à l'utilisation des dispositifs d'inhalation, et les explorations fonctionnelles respiratoires (EFR). En 2022, l'assurance maladie française a également mesuré des indicateurs de qualité pour évaluer le parcours de soins des patients atteints de BPCO. Parmi ces indicateurs, deux concernaient la prise en charge des patients stables : la vaccination antigrippale, réalisée chez seulement 52,7 % des patients, et les EFR ou la spirométrie annuelle chez 34,2 % des patients. Les indicateurs concernant le suivi post-hospitalisation ont également été jugés insuffisants, seulement 41,9 % des patients bénéficiant d'un suivi médical dans les 7 jours suivant une hospitalisation pour exacerbation de BPCO, et 30,9 % bénéficiant d'un suivi par un pneumologue dans les 60 jours. Récemment, en 2023, une étude observationnelle a été menée au CHU de Nîmes et est actuellement en cours d'évaluation pour publication. Cette étude visait à évaluer le profil des patients atteints de BPCO hospitalisés, ainsi que le respect des recommandations de la HAS. Sur les 85 patients inclus, 59 (69,5 %) présentaient un score COPD-VQ-11 ≥ 22, reflétant une mauvaise qualité de vie liée à la BPCO, et 30 (35,3 %) n'étaient pas suivis par un pneumologue. Vingt-cinq patients n'avaient pas arrêté de fumer (32,9 %), et la couverture vaccinale contre le pneumocoque n'était que de 34 % (10 % chez les patients non suivis par un pneumologue). Grâce à leur présence quotidienne et à leur expertise au sein des services de soins, les pharmaciens cliniciens hospitaliers peuvent mener des interventions ciblées adaptées à chaque patient. Par exemple, au cours d'un séjour hospitalier, ils peuvent identifier des lacunes dans la prise en charge de certaines maladies chroniques et, si nécessaire, intervenir auprès du patient ou de l'équipe soignante. Les pharmaciens cliniciens peuvent également participer aux hôpitaux de jour (HDJ) en réalisant des consultations pharmaceutiques avec les patients. Depuis 2021, un HDJ d'insuffisance respiratoire a été mis en place au CHU de Nîmes. Cet HDJ, coordonné par une infirmière en pratique avancée (IPA), permet une réévaluation pluriprofessionnelle de la prise en charge des patients atteints de BPCO, ainsi que des interventions ciblées telles que des EFR ou des épreuves d'effort, des prescriptions de vaccination, une aide au sevrage tabagique et une éducation à l'utilisation des dispositifs d'inhalation. Sur la base de ces constats, et en utilisant les outils et ressources disponibles au CHU de Nîmes, l'objectif est d'évaluer l'impact d'un processus de prise en charge structuré et pluridisciplinaire pour les patients atteints de BPCO hospitalisés, en se concentrant sur l'évolution de leur qualité de vie, reflet de leur état de santé, ainsi que sur leur parcours de soins.
À partir de 18 ans · Réf. NCT07907601
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