Contribution du conseiller médical en environnement intérieur dans la prise en charge de la pneumopathie d'hypersensibilité fibrosante
La pneumopathie d'hypersensibilité (PHS) est une pneumopathie infiltrante diffuse (PID) d'origine immuno-allergique, causée par l'exposition à une ou plusieurs substances antigéniques d'origine organique, chez des individus génétiquement prédisposés. Elle peut prendre une forme fibrosante, pouvant conduire à terme à une insuffisance respiratoire chronique. Le diagnostic repose sur un faisceau d'arguments cliniques, biologiques, scanographiques et histologiques, et est posé lors de discussions multidisciplinaires (RCP) des pneumopathies interstitielles diffuses. Les antigènes responsables, d'origine domestique ou professionnelle, peuvent être des micro-organismes, des protéines animales ou des agents chimiques. Cependant, l'antigène reste inconnu dans près de 50 % des cas. L'absence d'identification de l'antigène est un facteur de risque indépendant de décès chez les patients atteints de PHS fibrosante. Dans les formes fibrosantes, la corticothérapie ne semble pas améliorer le pronostic fonctionnel, et le nintedanib, traitement antifibrosant proposé dans les formes progressives, ne fait que ralentir le déclin fonctionnel. L'identification de l'antigène en cause est donc un élément essentiel de la prise en charge globale de ces patients, dans le but de mettre en place des mesures d'éviction. Un questionnaire médical d'exposition a été traduit en français pour aider les médecins à identifier l'antigène. Le dosage des précipitines sériques est un outil développé pour aider à identifier une sensibilisation à un antigène. Il est d'autant plus utile que les investigations sont ciblées sur l'exposition suspectée du patient. Cependant, leur sensibilité et leur spécificité sont variables. L'activité du conseiller médical en environnement intérieur (CMEI) s'est développée dans la prise en charge des patients atteints de pathologies respiratoires ou allergiques chroniques. Son rôle consiste à réaliser un audit du logement, à effectuer des mesures environnementales pour évaluer le risque sanitaire, à informer les patients sur les mesures d'éviction appropriées et, dans certains cas, à orienter les patients vers des organismes spécialisés dans l'amélioration de l'habitat. Le CMEI se rend au domicile du patient. L'audit environnemental comprend un examen macroscopique rigoureux et des prélèvements microbiologiques des anomalies visibles. Le CMEI peut également compléter son analyse par des collecteurs de poussière électrostatiques, laissés au domicile pendant 4 semaines, permettant une caractérisation à la fois qualitative et quantitative des antigènes. À ce jour, aucune étude n'a évalué de manière prospective la contribution du CMEI à l'identification des antigènes chez les patients atteints de PHS fibrosante. Au CHU de Nantes et au CHU d'Angers, l'audit environnemental réalisé par le CMEI fait partie intégrante de la prise en charge habituelle des patients en cas de diagnostic de PHS. L'objectif principal de cette étude est de mesurer la contribution diagnostique du conseiller médical en environnement intérieur dans l'identification des antigènes responsables de la pathologie respiratoire chez les patients atteints de PHS fibrosante.
À partir de 18 ans · Réf. NCT05988437
Mis à jour le
