La sclérose en plaques (SEP) est une maladie chronique du système nerveux central (SNC) caractérisée par une perte de fonction motrice et sensorielle, résultant d'une inflammation, d'une démyélinisation et d'une atteinte axonale secondaire d'origine immunitaire. C'est la cause la plus fréquente de handicap neurologique chez les adultes jeunes, impliquant un suivi thérapeutique de longue durée. 85 % des patients sont diagnostiqués avec la forme rémittente-récurrente de la SEP (SEP-RR). Cette forme se caractérise par des symptômes neurologiques aigus ou subaigus clairement définis (poussées) suivis de périodes de récupération partielle à complète. Les traitements de fond (TF) utilisés pour traiter la SEP-RR sont des molécules immunomodulatrices ou immunosuppressives dont l'efficacité a été démontrée pour limiter l'activité de la maladie (diminution du taux de poussées et retard de la progression de la maladie). Cependant, la sécurité à long terme des TF reste incertaine, avec un risque accru de développer des événements indésirables ou des infections (parfois sévères), comme cela a été observé lors de la dernière pandémie de COVID-19 (risque accru d'infection), soulignant la nécessité de réévaluer le rapport bénéfice/risque du maintien d'un traitement immunomodulateur ou immunosuppresseur dans la population atteinte de SEP. Chez les patients âgés présentant des comorbidités, ce risque est encore accru. À ce jour, peu d'études ont été menées sur l'arrêt du traitement chez les patients âgés atteints de SEP-RR. Cependant, celles disponibles montrent qu'il n'existait pas de différence dans les taux de poussées entre les patients ayant poursuivi ou arrêté le traitement. Ces résultats sont cohérents avec les études sur l'immunosénescence dans la SEP-RR, qui suggèrent une corrélation négative entre le taux de poussées/les processus inflammatoires et l'âge. À l'inverse, certaines données indiquent une corrélation positive entre l'âge et le nombre d'infections. Par ailleurs, dans le contexte actuel en France, il est important de prendre en compte le coût médico-social associé aux traitements de longue durée. En France, le coût annuel moyen estimé par patient est de 12 000 €, dont plus de la moitié est attribuée aux médicaments. En outre, avec l'avancée en âge, une inversion de l'évaluation bénéfice/coût a été observée chez les patients traités. Compte tenu de ces facteurs médicaux et médico-sociaux, il est raisonnable de s'interroger sur l'intérêt de poursuivre le traitement chez les patients stables atteints de SEP-RR âgés de plus de 55 ans. Il s'agit d'un essai clinique randomisé, contrôlé, multicentrique, ouvert, en groupes parallèles, selon un ratio de 1:1, de non-infériorité, comparant (1) un groupe qui arrêtera le traitement, à (2) un groupe qui poursuivra le traitement, sur une durée de 2 ans, afin de déterminer le taux de survie sans activité de la SEP, définie cliniquement ou par imagerie. Les patients des deux bras seront suivis pendant 2 ans après la randomisation. 5 visites seront réalisées pour l'ensemble des patients : visite d'inclusion/randomisation (M0) et 4 visites de suivi tous les 6 mois (M6, M12, M18 et M24). Un appel téléphonique supplémentaire est prévu à M3.
À partir de 55 ans · Réf. NCT06663189