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Comparaison de la technique TOETVA et de la thyroïdectomie cervicale antérieure (AC) en termes d'efficacité et de sécurité
Près de 50 000 thyroïdectomies sont réalisées chaque année en France pour des pathologies bénignes et malignes. Chacune affecte la vie du patient et représente, pour certains, une souffrance, symbolisée par la stigmatisation liée à l'opération. Les conséquences de ces cicatrices varient selon le patient, son vécu et sa culture. Par exemple, les cervicotomies sont particulièrement mal acceptées en Asie car elles sont supposées interrompre le méridien de la fertilité. En France, une attention croissante est portée à la prise en charge globale d'une personne atteinte d'une maladie. Comme un état pathologique peut être transitoire, l'équipe médicale doit envisager la situation « après la maladie » et planifier un retour à la normale. En particulier, des approches alternatives à la cervicotomie ont été développées, dans lesquelles la cicatrice se situe à un emplacement moins visible, au prix d'une dissection plus étendue. Ces techniques comprennent l'approche transaxillaire, l'approche bi-aréolaire biaxillaire et l'approche rétroauriculaire. Ces procédures, initialement développées selon une approche endoscopique, sont progressivement devenues assistées par robot, afin d'améliorer l'ergonomie de la procédure. Bien que l'assistance robotique ait initialement contribué à la diffusion de ces techniques, elle les a, avec le temps, limitées, d'une part en raison d'un coût plus élevé, et d'autre part en raison d'une courbe d'apprentissage importante (50 à 75 cas). Enfin, l'approche transaxillaire, qui est la plus fréquemment réalisée, présente un problème inhérent lié à une visibilité réduite des structures nobles du côté controlatéral, entraînant de fréquentes résections subtotales. Depuis 2014, la thyroïdectomie endoscopique transorale par voie vestibulaire (TOETVA) a été développée comme alternative à ces procédures assistées par robot. Parce que cette technique offre au chirurgien un accès similaire aux structures anatomiques des deux côtés de la trachée et permet d'identifier les structures nobles à préserver, la TOETVA connaît actuellement une utilisation plus large en France et dans le monde, et davantage de candidats se voient proposer cette procédure. La TOETVA réduit le besoin de dissection pour atteindre la glande thyroïde. De plus, cette procédure ne nécessite aucun équipement particulier, même si une assistance robotique a été utilisée dans la thyroïdectomie transorale. Tout comme l'éclairage électrique n'est pas issu de l'amélioration continue des bougies, des approches entièrement nouvelles sont parfois nécessaires en chirurgie. Le comité scientifique de l'Association Française de Chirurgie Endocrinienne est convaincu que la TOETVA sera de plus en plus utilisée en France, même si cette technique constitue une rupture majeure par rapport à l'approche standard. Cependant, elle est techniquement plus exigeante et doit donc être évaluée et encadrée. Cela nécessitera une étude de sécurité et une comparaison avec la procédure de référence actuelle, la thyroïdectomie cervicale antérieure (AC). Les investigateurs supposent, sur la base de leur expérience initiale, que l'utilisation de l'équipement endoscopique et de son grossissement permettra une bonne visualisation des éléments nobles (nerf récurrent et glandes parathyroïdes) et que le taux de complications de la TOETVA ne sera pas supérieur à celui de l'approche de référence. Les investigateurs proposent d'évaluer, au moyen d'une étude prospective randomisée, une technique chirurgicale endocrinienne innovante dont l'utilisation commence à se répandre dans le monde. Bien que cette étude s'inscrive dans les objectifs d'évaluation de la pertinence des soins fixés par les autorités de santé, il s'agirait de la première évaluation de cette technique chirurgicale innovante en chirurgie thyroïdienne.
18 à 65 ans · Réf. NCT07055191
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