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Identification de composés organiques volatils (COV) comme biomarqueurs prédictifs des crises d'épilepsie
Le caractère imprévisible des crises d'épilepsie place les personnes épileptiques dans un état de stress psychologique permanent, ce qui contribue de manière significative à une restriction de leur qualité de vie. La possibilité de prédire la survenue de crises d'épilepsie permettrait, outre la prise d'un traitement préventif si le risque de crise est proche, de prévenir les traumatismes et accidents liés aux chutes éventuelles pendant les crises, d'autoriser la conduite automobile pour certaines personnes épileptiques et de réduire les coûts de la prise en charge médicale. À ce jour et à notre connaissance, aucun dispositif de détection des crises n'a été commercialisé. Il existe des dispositifs commercialisés fondés sur des capteurs biométriques autres que l'EEG, mais ceux-ci sont strictement dédiés à la détection des crises et ne permettent pas leur anticipation. Concernant la prédiction, les recherches actuelles semblent rencontrer des difficultés à développer des algorithmes convaincants. Le seul système utilisé avec succès en temps réel nécessiterait un dispositif implantable dans le cerveau, ce qui poserait des problèmes d'acceptabilité. Par ailleurs, 20 % des personnes atteintes d'épilepsie pharmacorésistante présentent des crises psychogènes non épileptiques (CPNE). Celles-ci sont parfois difficiles à différencier des crises épileptiques par les personnes épileptiques et leurs proches aidants, et leur prise en charge diffère de celle des crises épileptiques. La distinction entre ces deux types d'événements devrait également être prise en compte par ces outils de prédiction/détection. Dans le domaine de la détection biomédicale par chiens, il existe actuellement un ensemble convergent de preuves indiquant que les personnes épileptiques émettent des odeurs spécifiques associées aux crises. Il a été démontré que des chiens entraînés sont capables de distinguer les odeurs corporelles prélevées pendant ou juste après une crise d'épilepsie de celles prélevées chez les mêmes sujets dans divers contextes en dehors d'une crise. Il a également été montré qu'une crise peut aussi être prédite par les composés organiques volatils (COV) émis par le patient (volatilome humain), la signature olfactive étant déjà détectable jusqu'à 3 heures avant une crise. Une autre étude a utilisé des chiens entraînés pour confirmer qu'ils sont capables de détecter une crise par l'odorat et que cette différence olfactive est déjà détectable avant la crise. La piste des COV du volatilome humain est particulièrement prometteuse, notamment en raison de son caractère non invasif et de la précocité pré-ictale que permet la prédiction. Mais à l'heure actuelle, les études restent trop préliminaires, avec des échantillons de taille trop réduite pour conclure à une généralisation interindividuelle de l'odeur, en tenant compte du type de crise concerné et de l'influence d'autres variables (par exemple, le sexe, l'âge, les médicaments). De plus, afin de développer un outil de détection électronique fiable et transportable, l'identification des COV impliqués est nécessaire, car le choix des capteurs (par exemple, pour constituer un nez électronique) en dépend. L'objectif de cette étude est de pallier ces lacunes, en visant l'identification de la ou des odeurs informatives associées aux événements épileptiques pendant les périodes pré-ictale, ictale et post-ictale, en tenant compte du type de crises (crises focales, crises focales à généralisation secondaire, crises généralisées primaires - motrices et non motrices) et des différences interindividuelles.
À partir de 18 ans · Réf. NCT05865561
Mis à jour le
