Cognition sociale dans le trouble sévère de l'usage de l'alcool
Avec 41 000 décès par an, la consommation d'alcool est la deuxième cause de mortalité évitable en France. Près de 3,4 % des adultes présentent une consommation d'alcool excessive et chronique, répondant aux critères du trouble sévère de l'usage de l'alcool (TSUA). Le TSUA est associé à des altérations cérébrales et cognitives, notamment des déficits de cognition sociale. Ces déficits se manifestent par des difficultés à percevoir et à interpréter les indices sociaux lors des interactions et concernent en particulier la reconnaissance des expressions faciales émotionnelles ainsi que l'attribution correcte des croyances, des émotions et des intentions d'autrui (c'est-à-dire la théorie de l'esprit). Ces altérations contribuent aux difficultés relationnelles et à la détresse psychologique et sont reconnues comme des facteurs de risque du développement et du maintien du TSUA. À ce jour, la cognition sociale a principalement été explorée au moyen de tests comportementaux, fournissant une description des déficits sans examiner leurs corrélats neurostructuraux. De plus, aucune étude neuroscientifique n'a examiné l'impact du sexe et de la consommation concomitante de tabac sur la cognition sociale et les structures cérébrales associées dans le TSUA, bien que ces facteurs soient connus pour influencer à la fois les capacités de cognition sociale et l'organisation cérébrale dans ce trouble. Enfin, les conséquences quotidiennes de ces altérations sur le fonctionnement social et la trajectoire de la consommation d'alcool demeurent peu explorées. Dans ce contexte, le présent projet vise, dans un premier temps, à explorer les corrélats neurostructuraux des déficits de cognition sociale dans le TSUA à l'aide d'évaluations psychométriques (c'est-à-dire la reconnaissance des émotions, la théorie de l'esprit) combinées à l'imagerie par résonance magnétique (IRM). L'impact du sexe et de la consommation de tabac sera pris en compte en incluant ces variables comme covariables dans les analyses statistiques. Dans un second temps, le projet vise à évaluer l'impact quotidien des déficits de cognition sociale sur le fonctionnement social des personnes atteintes de TSUA (c'est-à-dire la quantité et la qualité des interactions sociales) et sur l'évolution des comportements de consommation d'alcool six mois après l'hospitalisation (c'est-à-dire le risque de rechute). L'étude inclura deux groupes de participants : des personnes atteintes de TSUA et des participants témoins appariés selon l'âge, le sexe et le niveau d'études. Les résultats attendus permettront d'affiner la compréhension des altérations de la cognition sociale dans le TSUA, contribuant ainsi à l'amélioration des modèles neuroscientifiques actuels. Ces avancées ouvriront la voie à l'identification de cibles potentielles pour des programmes de prévention et des interventions thérapeutiques.
18 à 65 ans · Réf. NCT07464613
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