Décryptage des interactions entre la prise alimentaire, la somnolence et la qualité du sommeil nocturne chez les patients atteints de narcolepsie de type 1 et d'hypersomnie idiopathique
Les liens entre le sommeil et la prise alimentaire sont multiples. Chez les sujets sains, la privation de sommeil favorise l'obésité en stimulant la consommation d'aliments à index glycémique (IG) élevé. Inversement, les aliments à IG élevé induisent de la somnolence. L'obésité est observée chez 30 à 50 % des patients atteints de narcolepsie de type 1 (NT1). Son déterminisme pourrait impliquer des modifications transitoires du métabolisme basal au stade précoce de la maladie, des troubles du comportement alimentaire, un sommeil nocturne perturbé et de la somnolence. À l'inverse, les patients souffrant d'hypersomnie idiopathique (HI), dont le sommeil nocturne est généralement long et de bonne qualité, présentent rarement une obésité. En étudiant les relations entre l'alimentation, la composition corporelle et les caractéristiques du sommeil dans ces deux populations et chez des témoins sains, l'étude NARCOFOOD vise à mieux comprendre les déterminants de l'obésité dans la narcolepsie et, plus généralement, les effets de la prise alimentaire sur la somnolence. Les patients seront recrutés dans les centres du sommeil de Lyon et de Clermont-Ferrand, et les témoins au Centre de recherche en neurosciences de Lyon ou via des communications destinées au grand public. Des données issues de l'évaluation clinique (notamment l'indice de masse corporelle et la composition corporelle) et de questionnaires (qualité du sommeil, insomnie, somnolence, anxiété et dépression, impulsivité, comportements alimentaires) seront recueillies. Pendant 4 jours, à domicile, les paramètres suivants seront explorés : 1) les comportements alimentaires (photos des repas) et la consommation de sucre (capteur FreeStylePro mesurant le glucose interstitiel) ; 2) le rythme veille/sommeil (journal et actigraphie) ; 3) les paramètres du sommeil nocturne (dispositif Somfit) ; 4) la somnolence (échelle de somnolence de Karolinska et marqueurs EEG de la somnolence avec le dispositif Somfit) avant et après les repas. L'hypothèse est qu'une somnolence accrue favoriserait la consommation d'aliments à IG élevé, ce qui aggraverait la somnolence dans les 3 groupes, avec un effet plus marqué chez les patients NT1. Par rapport aux patients HI et aux témoins, les patients NT1 pourraient présenter davantage de grignotage d'aliments à IG élevé, en particulier la nuit en cas de sommeil perturbé, et ceci serait corrélé à la composition corporelle. Ces résultats permettront de mieux comprendre les mécanismes de l'obésité dans la narcolepsie et pourraient poser les bases du développement de nouvelles stratégies thérapeutiques dans les troubles de l'hypersomnolence, ciblant les comportements alimentaires.
18 à 65 ans · Réf. NCT06484348
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