Les fractures diaphysaires représentent 20 % des fractures de l'humérus et 3 % de l'ensemble des fractures de l'adulte en France, avec une incidence estimée de 13 à 20/100 000 personnes. Les hommes de 21 à 30 ans et les femmes de 60 à 80 ans sont particulièrement touchés. L'enclouage centromédullaire fait partie des traitements standards des fractures diaphysaires de l'humérus (lorsqu'une intervention chirurgicale est nécessaire). Une fois inséré, le clou est verrouillé afin de limiter les contraintes sur l'os fracturé, ainsi que les éventuels déplacements rotatoires secondaires ou cals vicieux. Le verrouillage bipolaire (VB) est habituellement réalisé des deux côtés (proximal et distal) du foyer de fracture. Cette procédure est effectuée sous contrôle radiologique, exposant le patient et l'équipe soignante aux radiations pendant toute la durée de l'intervention. L'objectif du traitement est d'obtenir la consolidation de la fracture dans un délai de 12 mois, et de limiter la survenue de complications irréversibles telles que le cal vicieux ou la pseudarthrose (2 à 10 % à 12 mois post-opératoires). La technique de « verrouillage unipolaire » (VU) a récemment été introduite. Dans cette technique, le verrouillage n'est réalisé que du côté proximal du foyer de fracture. En évitant l'abord distal, il est possible d'éviter des complications potentielles telles que la lésion du nerf radial, avec un risque de paralysie irréversible (3,8 à 14,2 % dans les études portant sur la technique VB dans cette indication), ou le risque d'infection du côté distal. Elle réduit également la durée opératoire et, par conséquent, l'irradiation reçue par les patients et les soignants. Cependant, le VU peut être mal positionné, entraînant un cal vicieux nécessitant une reprise chirurgicale. Malgré l'absence de recommandations en raison du manque de données existantes, plusieurs équipes utilisent le VU en pratique courante. Dans ce contexte, une cohorte descriptive de 121 patients opérés au CHU de Dijon a montré des taux de consolidation similaires entre les 2 techniques (93,8 % pour le VU contre 95,2 % pour le VB, p=0,64), des scores fonctionnels et des complications comparables, ainsi qu'une diminution significative de 29 % de la durée opératoire dans le groupe VU (moyenne ± écart-type : 63,1 ± 21,3 min contre 88,0 ± 30,1 min pour le VB, p<0,01). Ces résultats encourageants, bien que limités par le caractère rétrospectif et observationnel des données, justifient un essai randomisé prospectif comparant ces deux techniques.
À partir de 18 ans · Réf. NCT05877014