Les grands prématurés, nés à un âge gestationnel (AG) inférieur à 29 semaines, sont exposés à de nombreuses complications en période néonatale (digestives, cardiaques, infectieuses, respiratoires, neurologiques) et à plus long terme (développement neurosensoriel et cognitif, retard de croissance, troubles de l'alimentation orale). Chez les prématurés, la succion non nutritive est présente dès 27 semaines de gestation, mais la séquence « succion, déglutition, respiration », essentielle à l'autonomie alimentaire, ne mature pas avant 34 semaines, avec de larges variations individuelles. Par conséquent, les nouveau-nés prématurés ont initialement besoin d'une sonde gastrique pour recevoir une nutrition entérale. Pendant cette période, la sphère orale est souvent dys-stimulée par la mise en place/fixation de la sonde gastrique, les aspirations de sécrétions orales, etc. Plus les enfants naissent précocement, plus les pathologies associées à la prématurité sont fréquentes et graves, plus ces dys-stimulations sont fréquentes et plus l'alimentation entérale par sonde gastrique est nécessaire longtemps. Par conséquent, plus l'enfant est immature, plus le développement des performances orales est perturbé. Cela perturbe la transition de l'alimentation entérale vers l'alimentation orale et donc l'acquisition d'une alimentation autonome, indispensable pour permettre le retour à domicile de l'enfant. Cela a un impact sur la durée d'hospitalisation. Les soins de développement individualisés, standard de soins actuel en néonatologie, visent d'une part à réduire les dys-stimulations et d'autre part à proposer une stimulation orale positive telle que la succion non nutritive et la stimulation périorale. La succion non nutritive consiste à proposer à l'enfant une tétine aussi souvent et aussi longtemps que possible, c'est-à-dire dès que l'enfant est éveillé. Certains services utilisent également des protocoles de stimulation périorale spécifiques et adaptés. Depuis plusieurs années, le service de néonatologie de l'hôpital de la Croix-Rousse a inclus dans ses protocoles de soins un protocole de stimulation péri-orale. Il débute dès que le bébé ne présente plus de problème majeur (hémodynamique ou respiratoire). Il est arrêté lorsque l'alimentation est active et que l'autonomie a été atteinte. Il consiste à stimuler la zone péri-orale et orale, idéalement quatre fois par jour, lorsque l'enfant est éveillé et particulièrement avant les repas. La stimulation périorale est réalisée sur le visage du bébé, puis, selon les réactions du bébé, une stimulation orale est réalisée à l'aide d'un coton-tige imbibé de lait. Lorsque le bébé place sa langue en position de succion et ferme les lèvres, l'alimentation orale peut commencer. Dans une étude rétrospective, monocentrique, réalisée en néonatologie à l'hôpital de la Croix-Rousse chez 163 bébés nés avant 29 semaines de gestation, l'investigateur a calculé que l'AG corrigé moyen pour l'acquisition de l'autonomie alimentaire était de 38,3 semaines de gestation, avec une variabilité interindividuelle significative. L'hypothèse est que les grands prématurés possèdent déjà des compétences orales très précocement, puis les perdent en raison des nombreuses dys-stimulations de la sphère orale pendant la période de soins intensifs. Des stimulations de la sphère orale et périorale, mises en œuvre précocement, pourraient permettre de limiter cette perte de compétence et d'observer une évolution physiologique des compétences orales.
Jusqu’à 0 ans · Réf. NCT06657729