Immunoparalysie après duodénopancréatectomie céphalique
D'ici 2030, l'adénocarcinome du pancréas pourrait devenir la deuxième cause de décès par cancer en France. À ce jour, la duodénopancréatectomie céphalique (DPC) constitue le traitement de référence de l'adénocarcinome résécable de la tête du pancréas. Malgré les progrès de la prise en charge périopératoire, la morbidité reste élevée, et la survenue de complications postopératoires peut nuire au pronostic oncologique du patient. Le sepsis est la principale cause de décès postopératoire après DPC et il reste principalement associé au développement d'une fistule pancréatique postopératoire cliniquement significative (FPPO-CS). Plus récemment, la pancréatite aiguë post-pancréatectomie (PAPP) a été définie comme une complication très précoce après résection pancréatique. La PAPP est une atteinte ischémique et inflammatoire du moignon pancréatique susceptible d'être responsable de près de la moitié des FPPO-CS. La PAPP-CS peut évoluer vers un sepsis avec défaillance multiviscérale et pancréatite nécrosante, qui constituent, avec la FPPO-CS, les deux principales indications de réintervention et de pancréatectomie totale de complément. Malgré l'impact majeur des complications pancréatiques sévères sur la mortalité après DPC, il n'existe actuellement aucun biomarqueur précoce fiable permettant de prédire leur survenue. L'immunoparalysie désigne l'altération fonctionnelle des cellules immunitaires, les monocytes présentant une capacité de présentation cellulaire altérée. Dans les modèles classiques d'inflammation tels que la pancréatite aiguë, le sepsis et la chirurgie, le syndrome de réponse inflammatoire systémique initial s'accompagne simultanément d'une réaction anti-inflammatoire compensatoire, pouvant conduire à une immunoparalysie. Le mHLA-DR (antigène leucocytaire humain DR sur les monocytes) est considéré comme le biomarqueur le plus approprié pour évaluer ce dysfonctionnement immunitaire. Diverses études soulignent la valeur prédictive du mHLA-DR pour la détection précoce d'évolutions défavorables : dans la pancréatite aiguë, le mHLA-DR prédit la survenue de formes sévères dès l'admission, et après chirurgie colorectale, le mHLA-DR permet une détection plus précoce des fistules anastomotiques par rapport aux biomarqueurs conventionnels. L'hypothèse principale est que la sévérité des complications postopératoires est déterminée par des facteurs immunologiques. D'une part, cette étude vise à améliorer la compréhension de la relation entre la réponse immunitaire après DPC et la survenue de complications pancréatiques. D'autre part, elle vise à évaluer si le mHLA-DR pourrait constituer un biomarqueur précoce permettant de détecter les complications pancréatiques sévères. L'objectif principal de cette étude est donc d'évaluer l'association entre l'expression du mHLA-DR en période postopératoire précoce après DPC et la survenue de complications pancréatiques sévères.
À partir de 18 ans · Réf. NCT07144917
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