Évaluation de l'acceptabilité et de l'impact d'un programme de dépistage et de prévention en santé sexuelle destiné aux femmes vulnérables
Au niveau mondial, les femmes représentaient plus de la moitié des personnes vivant avec le VIH (53 %) en 2022. En France, 54 % des nouvelles infections étaient d'origine hétérosexuelle en 2022, dont 71 % chez des personnes nées à l'étranger, principalement en Afrique subsaharienne (74 %). Parmi les femmes, 80 % des nouveaux cas étaient nés à l'étranger, dont au moins 30 % ont contracté le VIH après leur arrivée en France, souvent en lien avec une vulnérabilité sociale, comme le montre l'étude française Parcours. En Île-de-France, 1 243 nouveaux cas chez des femmes ont été enregistrés entre 2018 et 2021 (environ 300 par an). L'instabilité du logement, les expériences de violence, l'absence de titre de séjour et le commerce du sexe augmentent le risque de VIH chez les femmes. Les migrantes ayant un test positif rapportent souvent une fréquence plus élevée de rapports sexuels forcés. Ces femmes sont également exposées à des risques élevés d'autres infections sexuellement transmissibles, de grossesses non désirées, de violences et de problèmes de santé mentale. La prophylaxie pré-exposition (PrEP) est un moyen de prévenir l'infection par le VIH par la prise d'un médicament antirétroviral, dont l'efficacité a été pleinement démontrée sous forme de comprimés ou d'injections. La PrEP s'inscrit dans un parcours de service de prévention global. Malgré la mise à disposition gratuite de la PrEP en France à partir de 2027 et des outils de suivi essentiels pour les hommes et les femmes à haut risque, les femmes à risque restent largement non couvertes par les initiatives de prévention, ce qui en fait une « population cachée » peu étudiée. En France, des données récentes montrent que seulement 5 % des utilisateurs de la PrEP sont des femmes, contre 95 % d'hommes, principalement des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH). Plusieurs facteurs entravent l'accès à la PrEP, notamment une connaissance limitée des services disponibles, des perceptions erronées du risque (les femmes étant rarement à l'initiative des rapports sexuels), la peur de la stigmatisation et le manque de ressources. De plus, la France manque de programmes complets intégrant soins de santé, santé sexuelle, santé mentale et accompagnement social et juridique pour ces femmes. L'étude PrEVE vise à démontrer que l'implication d'organisations communautaires peut jouer un rôle important pour engager et retenir les femmes en situation de vulnérabilité dans un programme de santé sexuelle. Ce programme propose information, dépistage et prophylaxie afin de répondre aux besoins spécifiques en santé sexuelle des femmes vulnérables.
À partir de 18 ans · Réf. NCT06996938
