De nombreux médicaments antinéoplasiques sont considérés comme « dangereux à manipuler » pour les professionnels de santé, notamment en raison de leurs effets cancérogènes, mutagènes et/ou reprotoxiques. L'exposition professionnelle survient principalement par voie cutanée, soit par contact direct avec le médicament et/ou indirectement par contact avec les patients traités et leurs excreta, soit par contact avec des surfaces ou des textiles contaminés. À ce jour, les masseurs-kinésithérapeutes ont fait l'objet de peu d'études concernant l'exposition professionnelle, alors qu'ils réalisent fréquemment des actes de soins (massage, drainage lymphatique, mobilisation des membres, kinésithérapie respiratoire) impliquant un contact cutané direct, prolongé et soutenu avec des patients traités par des médicaments antinéoplasiques ; ces composés peuvent être éliminés dans la sueur du patient traité pendant plusieurs jours après l'administration. Dans ce contexte, la présente étude vise à évaluer l'exposition professionnelle des masseurs-kinésithérapeutes aux médicaments antinéoplasiques en milieu de soins. L'objectif principal est d'estimer la prévalence de la contamination interne des masseurs-kinésithérapeutes par des médicaments antinéoplasiques après la réalisation de l'un des actes de soins (massage, drainage lymphatique, mobilisation des membres, kinésithérapie respiratoire) retenus pour l'étude, chez des patients recevant un traitement intraveineux par médicaments antinéoplasiques. Les objectifs secondaires sont de décrire, pour chaque médicament antinéoplasique étudié, la prévalence, la fréquence de la contamination interne des masseurs-kinésithérapeutes et les niveaux de concentration urinaire, de caractériser les circonstances de l'exposition et les équipements de protection individuelle portés, de décrire la prévalence et la fréquence de la contamination cutanée externe au niveau des mains et des avant-bras des masseurs-kinésithérapeutes après la réalisation d'un acte de soins exposant, de quantifier cette contamination cutanée externe, d'identifier les facteurs associés à la contamination interne et externe, et de co-développer des mesures préventives en collaboration avec les masseurs-kinésithérapeutes et les parties prenantes, puis d'évaluer leur acceptabilité. Cette étude est une étude non interventionnelle (RIPH3), transversale et multicentrique, menée à l'AP-HM (Assistance Publique - Hôpitaux de Marseille) et au CHU de Bordeaux. Vingt masseurs-kinésithérapeutes seront inclus dans cette étude. La contamination interne sera évaluée sur 100 visites d'observation et la contamination externe sur 70 visites d'observation (tous participants confondus). Une visite d'observation comprend au moins un « acte de soins exposant » (massage, drainage lymphatique, mobilisation des membres, kinésithérapie respiratoire) réalisé chez un patient ayant reçu un médicament antinéoplasique par voie intraveineuse figurant sur une liste prédéfinie, dans une fenêtre temporelle de 4 à 72 heures après le début de l'injection. - Évaluation de la contamination interne (recueil d'échantillons urinaires) Pour chaque visite d'observation, deux échantillons d'urine du masseur-kinésithérapeute participant seront recueillis : un échantillon dans les 3 heures précédant le début du poste de travail, et un second échantillon 6 à 10 heures après la fin du poste (ou le lendemain matin au réveil). Les données relatives à l'exposition, à l'activité et aux pratiques préventives (équipements de protection individuelle portés) seront recueillies au moyen d'un questionnaire administré (cahier d'observation). Des informations sur les médicaments antinéoplasiques administrés au patient bénéficiant des soins du masseur-kinésithérapeute seront également recueillies.
À partir de 18 ans · Réf. NCT07328464