La commotion cérébrale constitue une préoccupation majeure dans le monde du sport. Elle correspond à une altération immédiate et transitoire des fonctions neurologiques, consécutive à un traumatisme direct ou indirect, avec ou sans perte de connaissance. Les commotions cérébrales touchent entre 1,6 et 3,8 millions de personnes par an aux États-Unis, tous sports confondus. La prévalence varie selon le sport. En France, l'incidence des commotions cérébrales liées au sport est estimée à 200 000 cas. Selon l'Académie nationale de médecine (mars 2025), les commotions cérébrales représentent entre 5 % et 9 % de l'ensemble des blessures liées au sport. Parmi ces cas, 30 % concernent des personnes âgées de 5 à 19 ans. Le football est l'un des sports les plus touchés, avec ses 2 millions de licenciés. Dans le football professionnel français (Ligue 1 et 2), au cours de la saison 2023-2024, une commotion cérébrale a été enregistrée en moyenne tous les 55 matchs (commotion déclarée). Au cours des saisons 2018-2019 et 2019-2020, le taux de matchs comportant une commotion était d'environ 2,5 %. Dans le rugby professionnel, on estime qu'une commotion cérébrale survient tous les trois matchs en France. Il n'existe pas de statistiques précises sur le nombre ou la fréquence des commotions cérébrales dans le football amateur en France, en raison d'un manque de déclaration et d'un diagnostic insuffisant. Il existe actuellement des recommandations pratiques pour la prise en charge des joueurs de football dès le moment de l'impact sur le terrain, mises en œuvre au sein de la Fédération française de football. Le protocole actuel de gestion des commotions comprend un outil standardisé d'évaluation de la commotion destiné aux professionnels de santé, le SCAT6. Toutefois, ce protocole n'est pas toujours suffisant, et la reprise du jeu intervient parfois trop tôt. En effet, les évaluations actuelles sont trop brèves et n'évaluent pas l'ensemble des fonctions cognitives. Elles ne permettent pas de bien appréhender les conséquences réelles sur le terrain. On estime que 50 % des athlètes reprennent le jeu trop tôt après une commotion cérébrale, avec des risques de complications neurologiques ou de symptômes prolongés. Cependant, la définition du temps de repos et des critères de reprise du jeu n'est pas simple. En pratique, la reprise du jeu repose, entre autres, sur des tests neuropsychologiques, dont l'interprétation est difficile en l'absence de données de référence. Le protocole de gestion des commotions ne permet pas de déterminer précisément si les performances se sont normalisées sans ces données de référence neuropsychologiques. Les recommandations européennes et internationales récentes préconisent de réaliser des évaluations en pré-saison afin de disposer de valeurs de comparaison. Plusieurs études ont été publiées sur le type d'évaluations à réaliser en pré-saison, la plupart utilisant des tests neurocognitifs papier-crayon ou informatisés. Le protocole actuel de gestion des commotions repose principalement sur des tests papier-crayon. Cependant, la littérature met en évidence des dissociations entre les performances cognitives mesurées en environnement écologique et celles mesurées par des tests papier-crayon. Les tâches écologiques présentent l'avantage de se rapprocher étroitement des actions quotidiennes d'un joueur et d'évaluer plus précisément le fonctionnement cognitif. Ainsi, ces tâches écologiques, associées à une évaluation de référence, permettraient d'améliorer l'évaluation des athlètes après une commotion cérébrale. Ces tâches faciliteraient les décisions de reprise du jeu grâce à des observations plus objectives et à des données normées. Enfin, les tâches écologiques permettraient d'améliorer le suivi des joueurs et de mieux appréhender leur état de santé. Pour cette raison, il apparaît nécessaire de développer un test écologique standardisé, réalisé en situation de jeu réelle.
À partir de 16 ans · Réf. NCT07431320