Les glucocorticoïdes sont largement prescrits dans le traitement de nombreuses maladies inflammatoires, auto-immunes ou allergiques, mais également chez les patients transplantés ou atteints d'hémopathies malignes (leucémie, lymphome, myélome, etc.). Ils présentent de nombreux effets secondaires, notamment sur le métabolisme glucidique. Les corticoïdes sont diabétogènes car ils perturbent la sécrétion pancréatique d'insuline et diminuent la sensibilité à l'insuline des tissus cibles (foie, muscle, tissu adipeux). L'utilisation de glucocorticoïdes peut entraîner l'apparition d'un diabète cortico-induit chez des patients non diabétiques. Le diabète cortico-induit est fréquemment observé en pratique clinique. Les chiffres d'incidence du diabète cortico-induit varient considérablement. Des études cas-témoins montrent des odds ratios de survenue de diabète cortico-induit allant de 1,36 à 2,23. Dans deux de ces études, le critère diagnostique était la prescription d'un traitement hypoglycémiant. Des études de plus petite taille, rétrospectives ou prospectives, montrent des taux d'incidence de diabète cortico-induit allant de 8,8 à 52 %. Cette différence des taux d'incidence s'explique par les différentes doses de glucocorticoïdes, les durées de corticothérapie, les pathologies nécessitant un traitement par glucocorticoïdes, et les critères diagnostiques du diabète cortico-induit, qui varient d'une étude à l'autre. En transplantation rénale, le diabète concerne 16 % des patients avant 40 ans, et jusqu'à 52 % après 50 ans. Les critères diagnostiques utilisés dans la littérature sont souvent la glycémie à jeun et la glycémie postprandiale. Les différences de taux d'incidence observées avec ces deux méthodes diagnostiques peuvent s'expliquer par la pharmacocinétique des glucocorticoïdes. Les principaux glucocorticoïdes prescrits ont une durée d'action de 12 à 16 heures. Comme ils sont généralement prescrits le matin en une seule prise quotidienne, la glycémie à jeun matinale est souvent normale, tandis que la glycémie postprandiale est augmentée. Cette observation a été rapportée dans 2 études. Cependant, les 2 critères diagnostiques n'ont pas été comparés statistiquement dans ces études. Or, selon l'American Diabetes Association, les 3 critères utilisés pour diagnostiquer le diabète sont la glycémie à jeun, la glycémie 2 heures après une charge orale de 75 g de glucose et l'hémoglobine glyquée ; ces 2 derniers critères diagnostiques ne sont, à la connaissance de l'investigateur, pas utilisés dans la littérature scientifique pour dépister le diabète cortico-induit. En pratique courante, les critères diagnostiques utilisés sont disparates. À ce jour, aucune étude n'a déterminé quel critère diagnostique est le plus efficace pour dépister le diabète cortico-induit. Les recommandations actuelles préconisent un diagnostic et un traitement précoces afin d'obtenir un contrôle glycémique satisfaisant le plus rapidement possible. Ces recommandations ont montré leur efficacité pour réduire le risque de complications dégénératives du diabète, mais il est important de dépister le diabète cortico-induit avec le critère diagnostique le plus pertinent afin d'optimiser sa prise en charge.
À partir de 18 ans · Réf. NCT04258293