Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les maladies cardiovasculaires sont la première cause de décès dans le monde. Pour la santé publique française, les maladies cardiovasculaires sont la première cause de décès chez les femmes et la deuxième chez les hommes. Chaque année en France, environ 120,000 syndromes coronariens aigus (SCA) surviennent, dont 60,000 infarctus du myocarde et plus de 15,000 décès. Pour prévenir ou inverser ce processus, l'OMS recommande un dépistage précoce des maladies et une réduction des facteurs de risque comportementaux et cardiovasculaires. Pour le patient, la Société européenne de cardiologie (ESC) recommande la mise en place de mesures de prévention secondaire, des modifications du mode de vie et l'incitation à devenir acteur de la gestion de sa propre santé. La première année, le suivi médical est recommandé à 3, 6 et 12 mois. Depuis 2019, afin de réduire l'impact du cholestérol LDL, l'ESC recommande que le taux de cholestérol LDL soit inférieur à 0.55 g/L, accompagné d'une réduction d'au moins 50% par rapport à sa valeur initiale. En 2023, elle a précisé cette recommandation en préconisant une réévaluation biologique dans un délai de 4-6 semaines après la sortie de l'hôpital. L'application de ces recommandations se heurte aux difficultés de la vie réelle : 1. L'augmentation du nombre de personnes âgées et de personnes atteintes d'une ou plusieurs maladies chroniques ; 2. En France, les disparités régionales importantes du nombre de médecins ; 3. En 2022, six mois après une hospitalisation pour un SCA, seuls 21.6% des patients français avaient bénéficié d'un programme de réadaptation cardiaque ; 4. Dans les 12 mois suivant un syndrome coronarien aigu, seuls 20% à 40% des patients atteignaient les objectifs de cholestérol LDL recommandés par l'ESC. Compte tenu des difficultés de mise en œuvre de ces recommandations, les investigateurs estiment qu'il est essentiel de repenser le parcours de soins des patients après un SCA. L'hypothèse des investigateurs est que, en complément du parcours standard, une prise en charge offrant l'accès à d'autres professionnels de santé (infirmier en pratique avancée, diététicien, pharmacien) devrait augmenter la proportion de patients atteignant les objectifs de cholestérol LDL (cholestérol LDL \< 0.55 g/L et une réduction de 50% de ce taux par rapport à la valeur initiale) à 12 mois. Le cholestérol LDL a été choisi comme critère de jugement principal car il a été démontré qu'une réduction du cholestérol LDL correspond à une réduction de 22% des événements cardiovasculaires. Pour tester cette hypothèse, les investigateurs ont conçu un essai multicentrique contrôlé et randomisé à deux bras parallèles : * bras « Soins courants » : chaque centre programmera les soins comme d'habitude et planifiera le suivi du patient selon ses souhaits (réadaptation cardiaque, consultations avec le médecin généraliste et/ou le cardiologue). * bras « Intervention » : en plus des soins courants décrits ci-dessus, le patient recevra une consultation interdisciplinaire un mois après la sortie de l'hôpital et trois consultations avec l'IPA (à 3, 6 et 12 mois). Afin que les conclusions de ce protocole reflètent les pratiques françaises, il est prévu d'inclure 230 personnes ayant présenté un syndrome coronarien aigu dans quatre établissements de santé en France (à Paris et hors de Paris).
À partir de 18 ans · Réf. NCT07178444