Évaluation de l'hémodialyse chronique sans héparine
L'hémodialyse intermittente est une technique complexe qui nécessite une surveillance étroite du niveau d'anticoagulation afin de prévenir la coagulation et de réduire le risque de complications hémorragiques. Les patients dialysés présentent souvent une tendance à l'hypercoagulabilité en raison de l'état urémique, des flux sanguins turbulents lors des séances de dialyse et de l'exposition thrombogène aux surfaces artificielles des tubulures de dialyse. Les patients atteints d'insuffisance rénale terminale (IRT) peuvent présenter à la fois une coagulation du dialyseur et des hémorragies excessives, ce qui rend nécessaire une posologie d'héparine individualisée et des ajustements périodiques afin d'assurer une anticoagulation adéquate pendant l'hémodialyse. L'anticoagulant idéal devrait prévenir la thrombose tout en minimisant le risque d'hémorragie intra- et interdialytique. L'utilisation d'héparine comporte des risques tels que l'aggravation de l'ostéoporose et de la dyslipidémie, des réactions allergiques comme le prurit, et le risque de thrombopénie induite par l'héparine (TIH), potentiellement mortelle, pour laquelle l'éviction de l'héparine est nécessaire pendant la dialyse. L'héparine, sous ses formes non fractionnée (HNF) et de bas poids moléculaire (HBPM), est l'anticoagulant le plus couramment utilisé, bien que les données comparant leur efficacité et leur risque hémorragique restent peu concluantes. Les patients atteints d'insuffisance rénale terminale (IRT), déjà exposés à un risque accru d'hémorragie grave, pourraient bénéficier des techniques d'anticoagulation régionale (AR), dans la mesure où ils reçoivent généralement environ 600 000 UI d'héparine par an. Les investigateurs ont réalisé en routine une procédure simplifiée d'anticoagulation régionale (PAR) utilisant un débit de réinjection de calcium constant dans le temps afin d'éviter l'hypocalcémie. Cette procédure supprime la nécessité d'une perfusion de citrate et d'une surveillance calcique, et réduit la charge de travail infirmier dans une unité de dialyse chronique. Les investigateurs ont comparé 21 patients dialysés chroniques ayant bénéficié de 198 séances sous AR et 195 séances sous héparine, chaque patient étant son propre témoin. Aucun d'entre eux ne recevait d'AVK pendant les séances sous AR, 62 % étaient sous monothérapie antiplaquettaire et 14 % sous bithérapie antiplaquettaire. Le taux de réussite de la séance de dialyse était de 94 % dans le groupe AR et de 97 % dans le groupe héparine, sans différence significative (p = 0,22). Le taux de perte de circuit était de 1,5 % par séance sous AR et de 0,5 % par séance sous héparine (p = 0,23), et le taux de restitution sanguine précoce était de 3 % et 1,5 % (p = 0,50) dans les groupes AR et héparine, respectivement. Hypothèse : la PAR pourrait être aussi efficace que l'anticoagulation systémique par héparine pour l'hémodialyse intermittente chez les patients dialysés chroniques, avec un potentiel de réduction du taux d'événements hémorragiques.
À partir de 18 ans · Réf. NCT06224140
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