MICROBIOTE ET CANCER DE LA VESSIE
En France, le cancer de la vessie (CV) est la quatrième cause de cancer (14 000 nouveaux cas par an). Il touche les hommes âgés (> 60 ans) et le tabagisme est le principal facteur de risque (FR) identifié. La persistance d'un sex-ratio élevé malgré l'augmentation du tabagisme chez les femmes a conduit à rechercher d'autres FR environnementaux du CV, parmi lesquels pourrait figurer le microbiote. Récemment, le concept de microbiote urinaire chez les patients asymptomatiques a été admis. Des études sur le microbiote urinaire ont montré une dysbiose associée à certaines pathologies urogénitales. Ainsi, à l'instar de certaines dysbioses du microbiote de la muqueuse colique associées au CCR, il est possible que certaines bactéries ou certains virus du microbiote du tissu vésical soient impliqués dans la carcinogenèse vésicale. Une étude épidémiologique menée par notre laboratoire a montré une prévalence du CV de 14 % (7/50) chez les patients porteurs de la bactérie Actinotignum schaalii dans les urines. Si des études ont analysé le microbiote urinaire de patients atteints de CV, celles comparant le microbiote du tissu vésical cancéreux à celui du tissu sain chez des patients atteints de CV restent peu nombreuses, portent sur un nombre limité de patients, utilisent un prélèvement non contrôlé, et ont toutes recouru à des méthodes de métagénomique ciblée sur l'ADNr 16S pour étudier la composition du microbiote. Les auteurs montrent une différence de biodiversité entre le microbiote du tissu vésical cancéreux et celui du tissu sain. L'équipe espère confirmer ces résultats préliminaires par une étude multicentrique utilisant une méthode génomique plus complète, la métagénomique globale. Le microbiote du tissu vésical cancéreux sera comparé à celui du tissu vésical sain chez le même patient afin de mettre en évidence toute dysbiose bactérienne ou virale associée à la zone cancéreuse.
À partir de 18 ans · Réf. NCT07080333
Mis à jour le
