Cohorte de patientes présentant des fausses couches à répétition inexpliquées et identification des facteurs de récidive de fausse couche précoce
Environ 1 à 3 % des femmes en âge de procréer souffrent de fausses couches précoces spontanées à répétition (RCF), définies par au moins 3 pertes fœtales avant 14 semaines d'aménorrhée. Les RCF peuvent être liées à des anomalies chromosomiques parentales, à des anomalies utérines congénitales ou acquises, à des causes hormonales (par exemple diabète de type 1 et 2, insuffisance ovarienne), à une étiologie infectieuse, à une thrombophilie constitutionnelle ou acquise, ou à une drépanocytose. La présence d'anticorps antiphospholipides, antithyroïdiens et anti-transglutaminase dans environ 10 % des cas suggère une origine auto-immune de ces pertes fœtales. Le rôle d'autres anticorps, notamment les anticorps antiphospholipides non conventionnels, reste à établir. En effet, la moitié des cas de RCF seraient dus à une dysrégulation immunologique de la mère entraînant une diminution de la tolérance vis-à-vis du fœtus. Plusieurs études ont mis en évidence des anomalies immunitaires, telles qu'un déséquilibre des cytokines pro- et anti-inflammatoires, une augmentation des cellules cytotoxiques et un déficit des cellules régulatrices dans le sang des patientes. L'évaluation de ces anomalies immunitaires n'est actuellement pas réalisée en routine en France chez les femmes présentant des fausses couches précoces à répétition. Lorsqu'une de ces causes connues est exclue, il s'agit de RCF inexpliquées, qui représentent 50 % des RCF. Plus de la moitié de ces femmes présentant des RCF pourraient être concernées par des aneuploïdies et des avortements spontanés récidivants primaires. L'évaluation du degré d'aneuploïdie et de l'origine génétique des pertes fœtales reste difficile à ce jour, car l'examen du produit de fausse couche est rarement disponible, du fait du caractère spontané de la perte. Un échec d'implantation (EI) est défini par l'absence de grossesse après le transfert d'un embryon de bonne qualité dans la cavité utérine. Ces échecs d'implantation peuvent être dus à des facteurs embryonnaires, à des facteurs maternels, ou être causés par une stimulation inadaptée et/ou des transferts difficiles. Dans la littérature, l'échec d'implantation répété (EIR) est défini par l'absence de grossesse après 3 tentatives de transfert d'embryons de bonne qualité, en tenant compte de l'âge maternel. La mise en place d'une cohorte prospective de patientes présentant des RCF constitue une étape essentielle pour explorer les facteurs étiologiques des RCF et permettre une meilleure prise en charge.
18 à 50 ans · Réf. NCT05557201
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