Impact de la présence d'autoanticorps anti-interféron sur la charge virale dans les infections respiratoires sévères
La production d'interférons de type I (IFN-I) est induite par la détection de molécules virales, telles que des brins d'ARN ou d'ADN viraux, par l'intermédiaire de récepteurs de reconnaissance de motifs (PRR) présents sur de nombreux types de cellules immunitaires. Malgré une concentration minime, la sécrétion d'IFN-I active la sécrétion, par les cellules voisines, de plus de 700 protéines aux propriétés antivirales (inhibition de la réplication virale, déstabilisation des membranes virales, etc.). Les IFN-I constituent ainsi l'une des principales premières lignes de défense mises en place par le système immunitaire en réponse à une infection virale. Brièvement, lors de la pandémie de maladie à coronavirus (COVID-19), plusieurs équipes, dont la nôtre, ont mis en évidence une absence de réponse IFN-I chez environ une personne sur cinq présentant une forme sévère de COVID-19. De manière intéressante, chez une large proportion d'entre elles, des investigations in vitro ont révélé la présence d'autoanticorps présentant des capacités neutralisantes contre les interférons alpha et/ou oméga. Ce constat confirme le rôle délétère des autoanticorps anti-IFN-I sur la réponse immunitaire antivirale et le rôle clé de la voie des IFN-I dans les défenses contre l'infection à COVID-19. Par ailleurs, ces observations ouvrent la voie à des recherches intéressantes permettant de comprendre les mécanismes physiopathologiques sous-jacents des infections respiratoires virales sévères. Les hypothèses de recherche sont les suivantes : i) un déficit en IFN-I pourrait induire des formes sévères d'infections virales pouvant conduire à une admission en réanimation ; ii) un déficit en IFN-I pourrait augmenter les charges virales dans les prélèvements nasopharyngés et être associé à une clairance virale prolongée ; iii) la fréquence des co-infections virales pourrait être plus élevée en cas de blocage de la voie antivirale des IFN-I ; iv) des formes sévères d'infections à virus respiratoires pourraient être induites par d'autres autoanticorps anti-cytokines. Outre la confirmation des hypothèses de recherche mentionnées précédemment, ce protocole clinique aura pour objectif d'évaluer l'impact des altérations de la réponse immunitaire innée antivirale dans les infections respiratoires sévères.
Non précisée · Réf. NCT05536219
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