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Influence de la sensorialité olfacto-gustative sur l'état nutritionnel des patients atteints de sclérose latérale amyotrophique
La sclérose latérale amyotrophique (SLA) est une maladie neurodégénérative caractérisée par une paralysie musculaire diffuse et progressive, due à la perte inexorable des motoneurones du cortex moteur primaire, du faisceau corticospinal, du tronc cérébral et de la moelle épinière. Au cours de l'évolution de la maladie, lorsque les motoneurones phréniques sont atteints, une faiblesse diaphragmatique se développe, entraînant une insuffisance respiratoire restrictive, principale cause de morbidité et de mortalité. La ventilation non invasive (VNI) compense la défaillance diaphragmatique et corrige les symptômes associés ; il a été démontré qu'elle prolonge la survie des patients et améliore la qualité de vie. La dénutrition est un autre facteur pronostique reconnu. Plusieurs mécanismes ont été décrits, au premier rang desquels un état d'hypermétabolisme et une réduction des apports alimentaires, secondaire à des difficultés de mastication, une dysphagie, une perte de dextérité des membres supérieurs, une perturbation de la sécrétion salivaire ou des troubles psychologiques. De plus, la dysfonction diaphragmatique joue un rôle direct dans l'apparition de la dénutrition, la contraction compensatoire des muscles accessoires du cou augmentant la dépense énergétique de repos. Cependant, les sensations hédoniques déclenchées par un repas jouent un rôle dans le contrôle des apports alimentaires, au-delà du simple équilibre énergétique entre apports caloriques et dépense énergétique. La sensorialité olfacto-gustative pourrait donc jouer un rôle dans l'état nutritionnel des patients atteints de SLA. La dysfonction diaphragmatique peut également influencer l'état nutritionnel par d'autres mécanismes. Par exemple, la réduction de la capacité inspiratoire associée à l'insuffisance diaphragmatique diminue l'olfaction dans un groupe de patients tétraplégiques. Une atteinte sensorielle centrale pourrait exacerber ce phénomène. Bien qu'il soit classiquement admis qu'il n'existe pas de manifestations sensorielles au cours de l'évolution de la SLA, des anomalies mineures mais diffuses des nerfs et des potentiels d'action sensitifs ont été observées. Une altération centrale de la sensorialité olfacto-gustative pourrait faire partie des manifestations neurologiques de la SLA. De plus, des déficits olfactifs surviennent dans d'autres maladies neuromusculaires à atteinte centrale, telles que la myasthénie, la maladie de Parkinson ou la maladie d'Alzheimer, en l'absence d'atteinte cognitive ou diaphragmatique concomitante. Notre hypothèse est qu'une altération de la fonction olfacto-gustative favorise l'apparition d'une dénutrition dans la SLA. La prise en charge nutritionnelle actuelle consiste à assurer un apport calorique adéquat par la prescription de compléments alimentaires oraux ou la pose d'une gastrostomie. La prise en compte personnalisée des préférences alimentaires lors des conseils diététiques, ou d'un éventuel déficit olfacto-gustatif, en renforçant les odeurs ou les saveurs lors de la prise alimentaire, constituerait une piste thérapeutique complémentaire intéressante pour améliorer l'état nutritionnel, la qualité de vie et le pronostic des patients.
À partir de 18 ans · Réf. NCT06608004
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