À la suite de lésions cérébrales sévères, certaines personnes perdent partiellement ou totalement conscience d'elles-mêmes et de leur environnement, sombrant dans un coma pouvant évoluer vers un trouble de la conscience (DoC). Diagnostiquer avec précision la profondeur de l'altération de la conscience, et donc caractériser l'état de conscience résiduel du patient, constitue un véritable défi médical, pourtant crucial pour établir un pronostic neurologique, prédire l'évolution cognitive et orienter les décisions médicales. Les cliniciens s'efforcent de classer les patients présentant un DoC selon différents états globaux (par exemple coma, syndrome d'éveil non répondant (UWS), état de conscience minimale (MCS)) en fonction de leur niveau résiduel d'éveil et de conscience. Ces dernières années, l'amélioration des outils diagnostiques et le recours à une approche multimodale associant examens cliniques, neurophysiologiques et de neuro-imagerie ont grandement affiné cette évaluation et révélé l'existence de possibles discordances entre l'observation clinique (par exemple un état de conscience pauvre de type UWS) et l'activité cérébrale (plus riche, de type MCS+, voire conscient), appelées dissociation cognitivo-motrice, rendant essentielle la recherche de toute « cognition cachée » non révélée par l'examen comportemental clinique. Il est donc essentiel de disposer d'outils capables non seulement de sonder le niveau de conscience, mais aussi de fournir un profil détaillé des capacités cognitives résiduelles des patients - telles que le langage, l'attention ou la mémoire - qui constituent des dimensions essentielles de l'expérience consciente et façonnent la vie cognitive à l'état d'éveil. Cela pourrait améliorer de façon déterminante la précision diagnostique et pronostique de ces troubles, tout en permettant d'inférer l'éventuelle expérience subjective de ces patients. En effet, l'investigateur ne sait encore que très peu de choses sur les « contenus » conscients éventuellement impliqués dans ces états. À quoi pourrait ressembler la « vie mentale » possible des patients atteints de DoC ? Une exploration multidimensionnelle de leur cognition est nécessaire, ce qui requiert le développement de méthodes innovantes capables de sonder les fonctions cognitives en l'absence de toute communication avec le patient. Ainsi, l'objectif général de cette étude réside dans le développement d'outils pour l'exploration cognitive des patients atteints de DoC et leur application au chevet des patients en unité de soins intensifs (USI). L'étude s'intéresse tout particulièrement à l'évaluation des capacités mnésiques chez ces patients, car l'exploration de la mémoire a des implications cliniques immédiates, l'encodage mnésique pendant le DoC pouvant avoir un impact sur la qualité de vie des patients et être impliqué dans la survenue d'un trouble de stress post-traumatique (TSPT) en cas de récupération de la conscience. Plus précisément, l'investigateur souhaite aborder les questions suivantes : les patients souffrant d'un DoC sont-ils capables de former, de consolider et de récupérer de nouveaux souvenirs (mémoire antérograde) ? Sont-ils capables de se remémorer des souvenirs de leur « vie passée » (mémoire rétrograde) ? Des recherches antérieures suggèrent que certains patients atteints de DoC conservent la capacité de réactiver d'anciennes traces mnésiques autobiographiques et de présenter des processus mnésiques sensoriels automatiques à court terme, ou une mémoire de travail résiduelle. Néanmoins, les capacités mnésiques des patients atteints de DoC ont été peu étudiées à ce jour, malgré leur pertinence clinique. L'investigateur postule que la mémoire pourrait être préservée de façon différentielle selon les différents états cliniques de DoC tels que l'UWS et le MCS. Au niveau du groupe, il est attendu que les patients en MCS présentent de meilleures capacités d'apprentissage et de récupération mnésique que les patients en UWS.
À partir de 15 ans · Réf. NCT06959212