Les services de réanimation prennent en charge des patients en défaillance multiviscérale, avec pour objectif, au-delà de la survie, de garantir une qualité de vie acceptable après la réanimation et des soins proportionnés, conformes au projet thérapeutique et aux souhaits du patient et de sa famille. Outre les facteurs pronostiques indépendants de mortalité bien connus en réanimation (motif d'admission, gravité initiale, etc.) et après la réanimation (âge, comorbidités, trajectoire de vie, etc.), les patients qui survivent sont susceptibles de présenter des complications aux répercussions variables, dépendant en partie de leurs caractéristiques démographiques (âge, comorbidités, présence ou absence d'une pathologie chronique, etc.), de leur fragilité, des déterminants sociaux de la santé et, logiquement, du motif d'admission et de la survenue de complications pendant l'hospitalisation. Ainsi, les conséquences potentielles d'un séjour en réanimation peuvent prendre plusieurs formes : 1) la qualité de vie à la sortie de réanimation, 2) la survenue ou la persistance de symptômes physiques, psychologiques/psychiatriques et/ou cognitifs regroupés sous le terme de syndrome post-réanimation (PICS) et PICS-F lorsque ces manifestations concernent les proches du patient (F pour Family), et 3) le statut socio-économique (SE) antérieur à l'admission, avec des risques de baisse de revenus, d'isolement et de repli social, et un sentiment d'inutilité ou de fardeau pour la famille et les proches. Ce dernier point est particulièrement important car les inégalités sociales de santé (ISS), reflet du lien entre santé et déterminants sociaux (revenu et statut social, emploi et conditions de travail, éducation/littératie, environnement et soutien favorables à la santé, comportements, accès aux services de santé), représentent un risque plus élevé d'admission en réanimation, avec une gravité plus importante et un pronostic à court terme plus sévère, en réanimation et après. Le concept de PICS et de PICS-F met en évidence l'importance de ces dimensions physiques, psychologiques et cognitives dans les principales sphères de la vie quotidienne des patients et de leurs proches après la réanimation : vie familiale et sociale, activité professionnelle et privée, ressources économiques. Aux manifestations du PICS s'ajoute donc l'impact du statut SE sur les phases pré- et post-réanimation d'un séjour en réanimation. Ainsi, le statut SE et les ISS révèlent les faiblesses d'un système de santé et le gradient social associé à la précarité. Comme l'a montré la pandémie de Covid-19, les ISS sont probablement des facteurs qui s'additionnent et/ou se potentialisent, avec une influence significative sur le devenir des patients à la sortie de réanimation et au-delà. « Syndrome post-réanimation » (PICS) La fréquence et l'intensité des symptômes invalidants en réanimation et dans les suites d'un séjour en réanimation varient considérablement. Ils peuvent être physiques (une faiblesse musculaire extrême chez environ 40 % des patients), psychologiques (anxiété, dépression, trouble de stress post-traumatique chez 20 à 35 % des patients) ou cognitifs (troubles de la mémoire, perte de fluence verbale, troubles de l'attention, des fonctions exécutives et de la perception visuo-spatiale chez 20 à 40 % des patients). L'atteinte cognitive survient le plus souvent dans les suites d'un état confusionnel aigu (« delirium »), survenant en réanimation, de causes multifactorielles, liées notamment à la pathologie sous-jacente et aux traitements administrés en réanimation. L'objectif, après le séjour en réanimation et le retour à domicile, est de pouvoir détecter l'une ou l'autre des composantes du PICS à l'aide d'outils simples, dans le cadre d'un suivi personnalisé, par téléphone, en consultation chez le médecin généraliste ou à l'hôpital, ou lors d'une visite à domicile, afin d'adapter la rééducation physique, cognitive, psychologique et orthophonique, ainsi que le retou
À partir de 18 ans · Réf. NCT06697236