Étude de l'intérêt du séquençage de l'exome en trio dans le bilan étiologique des troubles spécifiques du langage et des apprentissages non syndromiques
Les troubles spécifiques du langage et des apprentissages (TSLA) touchent environ 5 à 10 % des enfants d'âge scolaire, soit 1 à 2 enfant(s) par classe. Les TSLA correspondent à l'atteinte d'une fonction cognitive spécifique et se répartissent en 5 catégories : dyslexie, dysphasie, dyspraxie, dyscalculie et trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) (DSM-5). Ces dernières années, de réels progrès ont été réalisés dans leur diagnostic clinique et leur prise en charge, grâce à une meilleure description de ces troubles dans le DSM-5 et à l'avènement de traitements de rééducation (neuropsychologie, orthophonie, ergothérapie, orthoptie, etc.). Les TSLA peuvent survenir dans un contexte sporadique ou familial (atteinte d'un frère ou d'une sœur, un parent symptomatique, d'autres apparentés pouvant évoquer une transmission dominante à expressivité variable et pénétrance incomplète). Il a longtemps été suspecté que les TSLA sont secondaires à une hérédité multifactorielle, associant des variations génétiques fréquentes et des facteurs environnementaux. En France, en l'absence de diagnostic syndromique évident, la stratégie actuelle consiste à prescrire une analyse chromosomique sur puce à ADN (CGH-array), associée chez les filles à une recherche du syndrome de l'X fragile (chez les garçons, ce syndrome entraîne systématiquement une déficience intellectuelle, ce qui ne justifie pas sa recherche dans les TSLA). Quelques gènes ont été décrits comme étant spécifiquement impliqués dans une petite proportion des TSLA, le plus souvent par des variations de novo ou héritées d'un parent symptomatique. Il n'existe pas de caractéristiques cliniques distinctives permettant de guider un séquençage ciblé de ces gènes. Par ailleurs, une expérience récente montre que des gènes impliqués dans la déficience intellectuelle peuvent également être impliqués dans les TSLA. Très peu d'études ont été publiées dans la littérature évaluant l'intérêt du séquençage de l'exome dans les TSLA. Seules deux études ont été identifiées, portant sur 10 et 43 patients présentant des TSLA spécifiques. Dans la perspective du déploiement du Plan France Médecine Génomique (PFMG 2025), il est important de mettre en place une étude visant à évaluer l'intérêt du séquençage pangénomique dans le bilan étiologique des TSLA. La participation à l'étude comprend : * une visite d'inclusion, au cours de laquelle un échantillon de sang supplémentaire sera prélevé lors du bilan initial * une visite de résultats (4 mois après la visite d'inclusion) Étude qualitative facultative : un entretien semi-directif 1 an après la visite d'inclusion, proposé à 20 patients ou familles avec un résultat positif et à 10 patients avec un résultat négatif.
3 à 40 ans · Réf. NCT05939739
Mis à jour le
