Reconnaissance des émotions faciales dans l'insomnie et la régulation émotionnelle
Introduction L'insomnie chronique est un trouble fréquent dans la population générale, touchant jusqu'à 20 % des personnes selon l'Institut national de la santé et de la recherche médicale, entraînant une diminution de la qualité de vie et un risque accru de développer certains troubles psychiatriques, notamment des épisodes dépressifs majeurs. L'insomnie chronique, en particulier lorsqu'elle s'accompagne d'une réduction de la durée de sommeil, a été associée à des altérations cognitives documentées dans la littérature, telles qu'une baisse de la concentration, de la mémoire de travail, de la vigilance et de certaines fonctions exécutives. Bien que certaines études suggèrent une altération cognitive subjective dans l'insomnie, les résultats restent non concluants lorsqu'elle est mesurée objectivement. Les personnes souffrant d'insomnie chronique rapportent souvent une détérioration globale de la vie sociale, caractérisée par de l'irritabilité, des difficultés attentionnelles, une asthénie et un isolement social. Cela soulève la question d'altérations potentielles des aptitudes sociales, en particulier de la reconnaissance des émotions faciales, qui pourraient être liées aux plaintes subjectives de réduction de la qualité de vie chez les personnes insomniaques. Plusieurs études ont exploré la reconnaissance des émotions faciales dans l'insomnie, certaines indiquant des altérations de la reconnaissance des émotions ou de l'évaluation de leur intensité. D'autres ont mis en évidence des déficits dans la reconnaissance d'émotions spécifiques (comme la colère) ou de représentations (comme la fatigue), associés à des déficits attentionnels et à des modifications des points de fixation visuelle dans des études d'oculométrie (eye-tracking). Cependant, certains auteurs n'ont trouvé aucune association significative entre les plaintes d'insomnie et une altération de la reconnaissance des émotions faciales. La reconnaissance des émotions faciales a été étudiée par oculométrie dans les épisodes dépressifs majeurs, le trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) et les troubles du spectre de l'autisme. Les études d'oculométrie ont révélé des biais attentionnels vers les émotions négatives dans la dépression et des déficits d'attention visuelle portée à la région des yeux dans l'autisme, contribuant à l'altération de la reconnaissance des émotions faciales. À ce jour, aucune étude n'a comparé les capacités de reconnaissance des émotions faciales entre des personnes souffrant d'insomnie et un groupe témoin, en tenant compte des déficits attentionnels et de la dysrégulation émotionnelle décrits dans l'insomnie. Méthodes L'étude vise à comparer deux groupes : l'un présentant une insomnie isolée (sans trouble psychiatrique associé) et un groupe témoin (sans insomnie ni trouble psychiatrique). Les patients présentant des troubles psychiatriques ou addictifs seront exclus sur la base d'entretiens psychiatriques selon le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, 5e édition (DSM-5). Les participants âgés de plus de 65 ans ou de moins de 18 ans seront également exclus afin de limiter les biais potentiels liés à la démence et aux altérations cognitives non liées à l'insomnie. Le groupe insomnie sera constitué de personnes consultant au centre du sommeil du CHU d'Angers pour une insomnie chronique (évoluant depuis plus de 3 mois). L'insomnie sera confirmée à l'aide de l'Index de sévérité de l'insomnie (ISI), avec un score supérieur à 15, tandis que les personnes présentant une insomnie infraclinique (score ISI entre 7 et 15) seront exclues. Le groupe témoin présentera un score ISI inférieur à 7 (indiquant l'absence d'insomnie). L'objectif principal est de déterminer si la reconnaissance des émotions faciales diffère entre le groupe insomnie et le groupe témoin.
18 à 65 ans · Réf. NCT06251258
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