Dépense énergétique et fonction neuromusculaire chez de jeunes femmes adultes à corpulence naturellement mince (LeanErgy)
Les personnes présentant un IMC faible (\<17,5) sont le plus souvent considérées comme atteintes d'anorexie mentale (AM). Cependant, la littérature récente suggère qu'il existe une catégorie d'individus présentant le même IMC faible, qui ne répondent pas aux critères diagnostiques de l'anorexie mentale, mais qui présentent des différences spécifiques faisant d'eux une entité distincte : la maigreur constitutionnelle (MC). La maigreur constitutionnelle diffère de l'anorexie mentale à plusieurs égards. Premièrement, contrairement à l'AM, les individus MC ne présentent pas de troubles du comportement alimentaire et expriment un fort désir de prendre du poids. Une autre différence concerne le cycle menstruel : sans contraception orale, les individus AM présentent une aménorrhée, tandis que les individus MC ont des cycles menstruels réguliers. Des signes biologiques de dénutrition sont également présents dans l'anorexie mentale, ce qui n'est pas le cas dans la maigreur constitutionnelle. En effet, les concentrations d'IGF1, de T3 libre et de leptine sont significativement réduites dans l'AM par rapport à des sujets sains, alors qu'il n'existe pas de différence significative entre sujets sains et MC. Enfin, en termes de composition corporelle, il existe une différence significative, notamment dans le pourcentage de masse grasse, entre sujets MC et AM, le groupe MC présentant un pourcentage de masse grasse significativement inférieur à celui des sujets témoins mais significativement supérieur à celui des sujets AM. La prise en charge clinique des patients MC pourrait comprendre une prise en charge nutritionnelle des patients, mais aussi une prise en charge sous forme d'un programme d'intervention en activité physique adaptée. Cependant, ce type de programme utilisant l'activité physique et une approche nutritionnelle doit s'appuyer sur une caractérisation du profil énergétique et des capacités physiques des patients MC, ce qui reste à étudier. Germain et al. ont proposé de mesurer le niveau d'activité physique des patients MC à l'aide d'un Actiheart (combinaison de fréquence cardiaque et d'accéléromètre) et l'ont comparé à celui d'individus de poids normal (PN), sans trouver de différence entre les groupes. Cependant, cette analyse reste une analyse secondaire de leur étude, la puissance statistique et le choix de l'outil n'étant certainement pas adaptés à cette question. Notre équipe a récemment mené le projet Nutrilean, qui a pour la première fois interrogé les capacités aérobies et musculaires des femmes MC par rapport à leurs homologues PN. Bien que nos résultats montrent une capacité de production de force plus faible chez les patientes MC, suggérant des adaptations neuromusculaires à la décharge mécanique chronique provoquée par la MC plutôt qu'une altération des capacités contractiles elles-mêmes, cela reste à explorer plus spécifiquement. En effet, ces différences disparaissaient après normalisation par le poids corporel ou la masse musculaire, suggérant une capacité brute de production de force réduite, mais reflétant probablement une adaptation physiologique normale à une masse corporelle et musculaire faible. Il apparaît désormais nécessaire de réaliser des analyses neuromusculaires plus spécifiques afin de mieux comprendre les mécanismes, adaptations et/ou dysfonctionnements neuromusculaires potentiels dans cette population. De même, si les résultats ne semblent pas montrer d'altération de la capacité aérobie des sujets MC, ils mettent en évidence une altération potentielle de leur efficience énergétique lors de la locomotion, ce qui peut également refléter une adaptation à une exposition chronique à des charges mécaniques plus faibles.
18 à 35 ans · Réf. NCT07233109
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