Chaque année en France, près de 59 000 nouveaux cas de cancer du sein sont diagnostiqués, et environ 22 000 mastectomies sont réalisées. Parmi ces patientes, 30 % choisissent de bénéficier d'une reconstruction mammaire. Le cancer du sein entraîne de nombreux changements physiques et psychologiques. La nécessité de renforcer l'accompagnement des patientes autour de la reconstruction mammaire a été soulignée, et cela constitue l'une des priorités de la stratégie décennale nationale de lutte contre les cancers. Le nombre croissant de patientes vivant après un cancer rend indispensable la prise en charge des séquelles post-traitement. Le taux de reconstruction augmente grâce aux améliorations des techniques et à un meilleur accès à l'information. Parmi les options disponibles, le lambeau de grand dorsal (LD) est une technique de référence pour la reconstruction mammaire immédiate et différée depuis plus de 25 ans. La technique du LD offre plusieurs avantages : une fiabilité élevée, une faisabilité même sur des thorax irradiés, de faibles taux de complications postopératoires et des résultats esthétiques satisfaisants. Sa polyvalence et sa fiabilité en ont fait un pilier de la chirurgie mammaire. Cependant, cette technique peut entraîner des séquelles fonctionnelles à court et à long terme, qui persistent chez 10 % des patientes. Pour réduire ces effets secondaires, une version optimisée - le lambeau mini-grand dorsal avec lipofilling (mLD) - a été développée par une équipe strasbourgeoise. Cette technique, plus rapide et moins invasive pour le muscle, est principalement utilisée pour la reconstruction immédiate ou pour remplacer une reconstruction par prothèse, avec un lipofilling systématique. Toutefois, aucune évaluation fonctionnelle objective de cette méthode n'a encore été réalisée, ce qui justifie une stratification selon le type d'intervention pour la randomisation dans les études futures. Selon une étude prospective islandaise portant sur 15 patientes, une récupération complète peut être attendue, mais les patientes doivent être informées du temps et des efforts nécessaires pour y parvenir. Les auteurs ont également conclu qu'il est nécessaire de poursuivre les recherches pour mieux comprendre les limites de la récupération à long terme. Une étude portant sur 450 reconstructions par LD a montré que la douleur et les principales séquelles fonctionnelles étaient localisées au niveau du dos et de l'épaule, avec 10 % des patientes présentant une douleur significative à long terme. Par ailleurs, selon cette étude, environ 40 % des patientes considèrent les séquelles postopératoires et les cicatrices comme pénibles. Cependant, les taux de regret restent faibles, à moins de 3 %. Compte tenu de ces constats, la prévention de la douleur et de l'altération fonctionnelle est devenue un axe de recherche majeur pour améliorer la qualité de vie des patientes. La rééducation postopératoire joue un rôle crucial dans la prise en charge de la douleur, la réduction de l'altération fonctionnelle et l'optimisation des résultats esthétiques. L'ajout de la mécanostimulation (MS) a démontré une amélioration de l'aspect des cicatrices, de la fonction de l'épaule et du bien-être fonctionnel par rapport à la rééducation seule. La MS est délivrée à l'aide d'un dispositif équipé de rouleaux motorisés et d'une aspiration permettant de mobiliser les tissus. En kinésithérapie, elle contribue à soulager la douleur et à améliorer la mobilité. La préhabilitation, un concept en plein essor en chirurgie, vise à préparer les patientes avant leur intervention. Cependant, à ce jour, aucune approche de préhabilitation associant kinésithérapie et MS n'a été envisagée avant une chirurgie par lambeau de grand dorsal. Une étude a mis en évidence une amélioration de la trophicité tissulaire après une préparation des tissus par MS avant un lipomodelage.
À partir de 18 ans · Réf. NCT07418060