Les prick-tests (PT) sont les tests cutanés de référence utilisés dans l'exploration des allergies alimentaires immédiates médiées par les IgE. Leur utilisation en première intention dans l'exploration allergologique est fortement recommandée par l'Académie européenne d'allergologie et d'immunologie clinique (EAACI). Ces tests consistent à reproduire localement, au niveau de l'épiderme, des manifestations de libération d'histamine en introduisant superficiellement un allergène, afin de confirmer ou d'écarter son rôle dans la survenue de symptômes cliniques compatibles avec une allergie. Lors de la prise en charge diagnostique et du suivi des patients présentant des allergies alimentaires, la technique utilisée est la méthode du « prick to prick », en raison du manque d'accès fiable à de nombreux extraits alimentaires commerciaux standardisés. Cette méthode consiste à piquer l'aliment avec un vaccinostyle stérile (afin de déposer du contenu alimentaire à sa surface), puis à réaliser une ponction cutanée superficielle avec le même dispositif sur la face antérieure de l'avant-bras, afin d'introduire une infime fraction de l'aliment et de ses protéines dans l'épiderme, où sont présents les mastocytes. Simultanément, un témoin positif et un témoin négatif sont réalisés. Les tests sont lus après 15 à 20 minutes, en mesurant la taille en millimètres des papules et de l'érythème obtenus. Un PT est considéré positif pour l'allergène testé si le diamètre moyen de la papule obtenue est supérieur ou égal à 3 mm et/ou au moins égal à la moitié de la taille de la papule du témoin positif. La procédure est bien tolérée, ce qui permet de la réaliser à tout âge, aussi bien en milieu hospitalier qu'en ambulatoire. Le risque de réaction systémique a été évalué à 0,008 %, sans réaction sévère observée. Cette méthode, réalisée avec des aliments natifs (aliments non transformés, non contaminés), crus ou cuits (selon la nature de l'allergène testé), est préférée à l'utilisation d'extraits commerciaux (préparations d'allergènes commerciaux standardisées), en raison de sa meilleure sensibilité et spécificité, du coût élevé des extraits commerciaux, et de l'absence d'extraits commerciaux pour certains aliments. Pour des raisons pratiques, compte tenu de la grande variété d'allergènes possibles, et afin de reproduire le plus fidèlement possible l'exposition ayant provoqué la réaction, l'approche la plus courante consiste à demander au patient d'apporter ses propres aliments pour les tests. Ces aliments doivent être apportés à l'état frais. Toutefois, les situations où un PT alimentaire est proposé au patient sans qu'il dispose d'aliments natifs frais sont fréquentes. En effet, de nombreux patients oublient de les apporter. De même, lors d'une consultation destinée à explorer une allergie respiratoire ou médicamenteuse, l'interrogatoire peut conduire à détecter une allergie alimentaire devant être testée en même temps. Compte tenu des délais de consultation en allergologie, de la sévérité des symptômes d'allergie alimentaire, et du risque potentiel de retard diagnostique, tous les allergologues impliqués dans la prise en charge des allergies alimentaires sont amenés à constituer une banque d'échantillons alimentaires, conservés soit à l'état sec (par exemple, fruits à coque, arachides, farines de céréales), soit congelés pour les aliments périssables (viandes, crustacés, fruits, légumes). À notre connaissance, après revue de la littérature, aucune recommandation de bonnes pratiques concernant la conservation de ces échantillons alimentaires à des fins de PT n'a été établie par les sociétés savantes. De plus, si l'impact des méthodes de congélation et de décongélation sur la dénaturation des protéines alimentaires est connu, l'effet de la congélation et de sa durée sur la sensibilité et la spécificité des PT est mal compris.
À partir de 18 ans · Réf. NCT06872996