Prévalence de l'addiction sexuelle dans une population carcérale du centre de détention de Muret en Haute-Garonne (PAS-CD)
L'addiction sexuelle, également appelée hypersexualité ou sexualité compulsive, est un comportement sexuel humain se traduisant par une recherche continue et persistante de plaisir sexuel. Remplaçant les anciens termes de satyriasis et de nymphomanie, la classification internationale des maladies de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la CIM-11, désigne ce trouble sous le terme de « trouble du comportement sexuel compulsif ». D'origine multiple (iatrogène, neurologique, psychiatrique, hypothèses psychopathologiques), mais encore seulement partiellement connue, l'inclusion de ce trouble parmi les troubles liés à l'impulsivité, les troubles obsessionnels compulsifs ou les troubles liés à l'addiction demeure débattue dans la littérature scientifique. Ainsi, en l'absence de données scientifiques suffisamment solides, le DSM-5 a refusé d'inclure ce trouble dans sa classification. Cependant, les conséquences de ce trouble sur le fonctionnement psychosocial des individus ne sont pas négligeables et peuvent aller jusqu'à précipiter un passage à l'acte hétéroagressif, pouvant ainsi conduire à une incarcération. La prévalence de ce trouble dans la population générale est estimée entre 2 et 6 % selon les données actuelles de la littérature. Ce taux apparaît plus élevé chez les hommes et plus particulièrement chez les auteurs d'infractions à caractère sexuel. Cependant, certains auteurs ont noté que la difficulté à déterminer une prévalence claire de l'addiction sexuelle pourrait être liée au caractère encore mal défini des critères diagnostiques de ce trouble, ainsi qu'au choix des outils de mesure. Dans la population carcérale, à notre connaissance, il n'existe pas d'étude française de prévalence de ce trouble. Par ailleurs, aucune étude n'a été menée pour comparer la prévalence de l'addiction sexuelle chez les auteurs d'infractions à caractère sexuel (AICS) à celle des auteurs d'infractions non sexuelles (AINS). Nous espérons qu'un meilleur dépistage de l'addiction permettrait une meilleure prise en charge des patients atteints de ce trouble, favorisant leur réinsertion psychosociale et leur bien-être, afin de prévenir la récidive d'un passage à l'acte sexuel.
18 à 65 ans · Réf. NCT05483426
