L'infection à Clostridioides difficile (ICD) est la première cause de diarrhée nosocomiale en Europe, avec plus de 120 000 cas et près de 3 700 décès par an. Cette infection se caractérise par un risque élevé de récidive après guérison, allant de près de 20 % après un premier épisode à plus de 60 % après 2 récidives, ou en présence de facteurs de risque spécifiques. Actuellement, le traitement de première intention de l'ICD repose sur des antibiotiques oraux tels que la fidaxomicine ou la vancomycine. Ces traitements antibiotiques, efficaces respectivement dans 89 % et 86 % des cas de premier épisode, ne corrigent pas le déséquilibre microbiologique à l'origine de l'ICD et peuvent, au contraire, favoriser la récidive en contribuant au maintien d'une altération délétère du microbiote (dysbiose), par l'élimination de bactéries autres que C. difficile, en raison de leur spectre d'activité. Chez un certain nombre de patients, ce déséquilibre écologique ne peut plus être restauré après le traitement antibiotique, entraînant des récidives multiples de l'ICD. Dans ce contexte, la transplantation de microbiote fécal (TMF) est validée depuis plus de 10 ans pour la prévention des récidives dans l'ICD multirécidivante. Le principe de la TMF repose sur l'utilisation d'une préparation pharmaceutique élaborée à partir des selles d'un donneur sain, administrée dans le tube digestif d'un patient à des fins thérapeutiques. Actuellement, en cas de récidives multiples, il s'agit du traitement de première intention recommandé (à partir de 2 récidives) et du plus efficace, avec une efficacité clinique prévenant la récidive de l'ICD dans 69 % à 89 % des cas à 8 semaines après le traitement, avec un bon profil de sécurité. Parmi les facteurs microbiens favorisant l'ICD, la perte de l'espèce bactérienne Faecalibacterium prausnitzii constitue une cible thérapeutique spécifique. F. prausnitzii est une bactérie commensale de l'intestin humain, représentant près de 5 % du microbiote fécal, et dont l'association avec l'état de santé d'un individu a été démontrée. Une diminution de son abondance relative est associée à un risque accru de nombreuses maladies, telles que la maladie de Crohn et le cancer colorectal. Dans l'ICD, F. prausnitzii est fortement diminuée. De plus, une faible abondance de F. prausnitzii est prédictive de la récidive de C. difficile. Son abondance dans les selles augmente après la TMF et est également prédictive de la réponse au traitement. Du point de vue physiopathologique, l'un des effets préventifs de F. prausnitzii sur la récidive serait médié par sa capacité à hydrolyser les acides biliaires impliqués dans la germination des spores de C. difficile. L'objectif de cet essai de phase I/II est d'évaluer l'efficacité et la sécurité de l'administration orale de l'EXL01, une souche unique isolée non modifiée de F. prausnitzii, dans la prévention de la récidive de l'ICD chez des patients à haut risque à la semaine 8. L'étude sera menée en 2 parties. La phase I (partie A) prévoit d'inclure 6 patients. La phase II (partie B) inclura 50 patients répartis en deux bras (25 patients respectivement dans le bras placebo et dans le bras EXL01).
À partir de 18 ans · Réf. NCT06306014