La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une pathologie caractérisée par une obstruction bronchique progressive associée à une réponse inflammatoire anormale, entraînant toux chronique, sécrétions bronchiques accrues et destruction irréversible des parois alvéolaires. Selon la Société de Pneumologie de Langue Française, plus de 1,3 million de patients ont été traités pour cette pathologie en France en 2023. L'OMS classe la BPCO au troisième rang des causes de mortalité dans le monde. Historiquement, la BPCO touchait surtout les hommes, du fait d'un tabagisme plus fréquent. Cependant, avec la hausse du tabagisme féminin, des études récentes montrent que la prévalence de la BPCO chez les femmes est passée de 28 à 41 pour 10 000 entre 2006 et 2015. De plus, la présentation clinique diffère selon le sexe : pour une exposition tabagique équivalente, les femmes semblent plus sévèrement atteintes que les hommes, avec une dyspnée plus marquée, un risque d'exacerbations plus élevé, des hospitalisations plus fréquentes et une moins bonne qualité de vie. Au-delà de l'atteinte pulmonaire, l'incontinence urinaire est un autre symptôme cliniquement significatif, mais souvent sous-estimé. Elle semble plus fréquente en cas de BPCO, notamment du fait de la toux chronique, des hyperpressions abdominales répétées et d'un déséquilibre des muscles du plancher pelvien. Peu d'études ont examiné cette prévalence : l'une, portant sur 995 personnes atteintes de BPCO, a suggéré un taux de fuites urinaires de 34,9 %, mesure subjective fondée sur des données autodéclarées via un simple questionnaire, dans une étude cas-témoins. Une autre étude suédoise a estimé la prévalence de l'incontinence urinaire à 49,6 % chez les femmes et 30,3 % chez les hommes atteints de BPCO, suggérant un risque plus élevé chez les femmes. Au-delà de ces travaux, la littérature scientifique reste limitée sur ce sujet, alors que l'impact sur la qualité de vie des patients semble important. Parmi les études disponibles, l'une des plus complètes, publiée en 2013, reposait uniquement sur des questionnaires auto-administrés distribués à une large population (tous stades confondus) hors du cadre de la réhabilitation. Cette symptomatologie associée - BPCO et incontinence urinaire - affecte profondément la qualité de vie des patients, sur les plans physique, psychologique et social : activités limitées, retrait social, baisse de l'estime de soi, inconfort persistant dans les interactions quotidiennes. Cette situation peut entraîner une anxiété sociale ou une peur des fuites, conduisant à un absentéisme ou à un abandon des séances de réhabilitation pulmonaire, ce qui compromet l'efficacité du traitement. La réduction de l'activité physique entretient un cercle vicieux : déconditionnement musculaire, sarcopénie, voire dénutrition, ce qui aggrave la dyspnée, la perte d'autonomie, et augmente les risques de fragilité, d'infections et d'hospitalisations. L'étude de M. A. Ramon et al. (2018) illustre ce « cercle vicieux », où l'altération des capacités respiratoires et physiques s'auto-entretient. Sans stratégie de dépistage ou de prise en charge de l'incontinence urinaire dans ce contexte, il est difficile de rompre cette spirale et d'améliorer les parcours de soins. Il est essentiel de sensibiliser à l'importance du dépistage de l'incontinence urinaire d'effort chez les femmes atteintes de BPCO, en particulier pendant la réhabilitation pulmonaire, où ces symptômes sont souvent négligés par manque de connaissance et de traitements disponibles. Ce dépistage améliorerait la compréhension du lien entre toux chronique, incontinence urinaire d'effort et qualité de vie. Établir une corrélation entre ces facteurs permettrait d'adapter les parcours de soins et d'orienter certaines patientes vers une rééducation périnéale ciblée. Une meilleure compréhension de ce phénomène est essentielle pour améliorer l'évaluation fonctionnelle et proposer une thérapeutique adaptée
À partir de 18 ans · Réf. NCT07134400