Les patientes atteintes d'un cancer du sein localisé bénéficient d'un traitement comprenant une chirurgie mammaire, qui altère toujours l'image corporelle, complétée par des traitements additionnels optionnels selon les spécificités et la sévérité de leur maladie. Ces traitements sont multimodaux et peuvent inclure la chimiothérapie, la radiothérapie, des traitements anticancéreux ciblés et l'hormonothérapie, suivis d'une surveillance prolongée d'au moins 5 ans. Une étude récente a montré que l'annonce du cancer et de ses traitements est source d'anxiété réactionnelle pour 47 % des patientes au moment du diagnostic, pouvant s'associer à une dépression dans 59 % des cas avant la chimiothérapie. L'anxiété augmente avec l'intensité des traitements et est plus élevée lorsque la chimiothérapie est administrée, en particulier chez les patientes plus jeunes (moins de 50 ans). La prise en charge intégrative pluridisciplinaire disponible dans les centres de traitement (psychologue, activité physique adaptée, socio-esthéticienne), associée à un accompagnement externe via les réseaux associatifs (art-thérapie, musicothérapie, etc.), est essentielle pour améliorer la qualité de vie et les effets secondaires des traitements. La sophrologie est l'une de ces thérapies complémentaires recommandées par l'Association Francophone Des Soins Oncologiques De Support (AFSOS) au sein ou en dehors de la structure de soins, et est validée en tant que soin de support. Son principe est de valoriser positivement les qualités et les ressources des patients en modifiant les états de conscience, permettant aux individus de trouver un équilibre entre leurs pensées, leurs émotions et leurs comportements. Les trois principes fondamentaux sont d'amener le schéma corporel vers une réalité davantage vécue, de renforcer l'action positive et de développer la réalité objective. Les techniques de « pleine conscience » utilisées en sophrologie comprennent la relaxation dynamique et les sophronisations. La sophrologie repose sur les principes scientifiques de la méditation de pleine conscience (développement des ressources attentionnelles et de la conscience corporelle par modulation des ondes cérébrales). Des études ont montré les bénéfices de la pleine conscience dans la gestion du stress, de certaines affections psychosomatiques et de la douleur chronique. Des améliorations de la qualité de vie globale, des symptômes de stress et de la qualité du sommeil ont été rapportées lors de l'évaluation d'un programme de méditation de pleine conscience destiné à des patients atteints de cancer. Un essai a démontré l'effet bénéfique de la méditation de pleine conscience en groupe sur l'anxiété de femmes ayant reçu une chimiothérapie pour un cancer du sein. Aujourd'hui, bien que la sophrologie soit régulièrement utilisée dans les soins médicaux, aucune étude scientifique robuste n'a évalué son bénéfice en oncologie. L'Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale, conjointement avec la Haute Autorité de Santé, a souligné dans son rapport de 2020 sur la sophrologie l'importance du besoin d'évaluer scientifiquement l'intérêt de la sophrologie dans les soins médicaux. Cependant, l'usage et l'accessibilité des thérapies complémentaires, y compris la sophrologie, sont très inégaux à travers la France et dépendent des établissements hospitaliers, de la géographie, de la mobilité des patientes, et parfois de leur capacité financière à accéder à des thérapies complémentaires payantes. En conséquence, de nombreuses patientes anxieuses ne peuvent pas accéder à des séances de sophrologie au moment souhaité, pour des raisons géographiques, d'accessibilité, de ressources humaines, et parfois financières (en dehors de l'hôpital).
À partir de 18 ans · Réf. NCT06800989