Réduction du traitement immunosuppresseur chez les patients transplantés rénaux admis en réanimation pour choc septique et/ou détresse respiratoire aiguë
La transplantation rénale est le traitement de choix de l'insuffisance rénale chronique terminale. La transplantation rénale occupe le premier rang des transplantations d'organes solides en France, avec 3 376 greffes réalisées en 2022. Le traitement immunosuppresseur, nécessaire pour prévenir le rejet du greffon, expose les transplantés à des complications liées à la baisse de l'immunité, notamment des infections opportunistes et des complications néoplasiques. Après la période initiale post-transplantation, jusqu'à 10 % des transplantés rénaux nécessiteront une admission en unité de soins intensifs (réanimation). Les principaux motifs d'admission sont le choc septique et la détresse respiratoire aiguë hypoxémique. Le séjour en réanimation a un impact important chez ces patients, avec un taux de mortalité atteignant 40 %, qui reste augmenté même après la sortie de réanimation. Par ailleurs, un impact sur la fonction du greffon a été démontré, avec une détérioration de la fonction du greffon chez un tiers des patients, et parmi ceux-ci, jusqu'à un patient sur deux nécessitera la reprise d'une épuration extrarénale (EER). Bien que la survenue d'un choc septique ou d'une détresse respiratoire aiguë liée à une infection soit plus fréquente et plus sévère, la stratégie optimale de gestion des immunosuppresseurs n'est pas définie chez les transplantés rénaux admis en réanimation dans ces situations. Le maintien d'un niveau élevé de traitements immunosuppresseurs pourrait entraver la récupération de l'état critique aigu. De plus, ces traitements ont une marge thérapeutique étroite ; par exemple, la gestion des inhibiteurs de la calcineurine est difficile en réanimation en raison des modifications pharmacodynamiques associées à la situation aiguë (volume de distribution, défaillance d'organe) et des nombreuses interactions médicamenteuses potentielles, qui comportent un risque inhérent de surdosage. Les investigateurs émettent l'hypothèse qu'une réduction du niveau des traitements immunosuppresseurs pourrait favoriser la récupération chez les transplantés rénaux admis en réanimation pour choc septique et/ou détresse respiratoire aiguë hypoxémique, sans affecter défavorablement le risque de rejet ni le pronostic rénal à long terme.
À partir de 18 ans · Réf. NCT06881927
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