Association entre la composition du microbiote intestinal et l'état nutritionnel en oncologie digestive
L'état nutritionnel représente un enjeu crucial dans la prise en charge des patients atteints de cancer, puisque entre 40 % et 60 % d'entre eux souffrent de dénutrition au moment du diagnostic. Cette condition aggrave la morbidité, augmente les effets indésirables liés aux traitements, les infections et les hospitalisations, et peut entraîner le décès dans 10 % à 20 % des cas, indépendamment de la progression tumorale. Les traitements anticancéreux aggravent souvent la dénutrition en raison de leurs effets secondaires, tels que la perte d'appétit ou les altérations du goût. Bien que les recommandations internationales (ESPEN, ESMO, ASCO) préconisent une intervention nutritionnelle multimodale associant soutien nutritionnel et activité physique, l'efficacité de ces approches varie selon les patients. Cette variabilité peut s'expliquer par plusieurs facteurs, notamment les différences individuelles dans la réponse aux apports alimentaires, le statut métabolique et la tolérance digestive aux traitements. Le microbiote intestinal et oral apparaît comme un cofacteur clé dans la régulation de ces différents paramètres, influençant l'appétit, le métabolisme de l'hôte et l'absorption intestinale. Des altérations du microbiote - en particulier une diminution de la diversité bactérienne et une augmentation de Candida albicans - ont été associées à une perte d'appétit et à des troubles de la perception gustative, notamment chez les patients atteints de cancers digestifs. Le microbiote intestinal constitue donc une cible thérapeutique et diagnostique potentielle pour améliorer les stratégies nutritionnelles en oncologie. Des interventions ciblant le microbiote (telles que la supplémentation en probiotiques ou la transplantation de microbiote fécal) ont déjà démontré un impact sur les paramètres nutritionnels dans des modèles précliniques de souris dénutries porteuses de cancer ; cependant, les données cliniques restent rares et limitées. L'étude de cohorte ONCONUTRIBIOTA vise à caractériser et à étudier le microbiote oral et intestinal de patients débutant une chimiothérapie pour un cancer digestif, en lien avec leur état nutritionnel, leurs caractéristiques cliniques et leurs préférences alimentaires, afin d'identifier des biomarqueurs ou des cibles thérapeutiques potentiels pour optimiser leur prise en charge nutritionnelle. Les patients seront suivis lors de deux de leurs visites de soins courants : le jour du premier traitement de chimiothérapie et à la fin du premier cycle de chimiothérapie. Au cours de ces visites, des échantillons de selles et de salive seront prélevés, complétés par des évaluations supplémentaires comprenant des questionnaires de qualité de vie globale et de qualité de vie nutritionnelle, des tests olfactifs et gustatifs, ainsi que des mesures de paramètres permettant de déterminer la présence d'une dénutrition, l'état de santé général et l'évaluation oncologique.
À partir de 18 ans · Réf. NCT07260617
Mis à jour le
