Clairance de la morphine et filtration glomérulaire chez les patients drépanocytaires en crise en réanimation
Contexte : la drépanocytose est une maladie génétique de l'hémoglobine (qui transporte l'oxygène dans les globules rouges). La forme des globules rouges des patients drépanocytaires est anormale. Ainsi, les globules rouges peuvent se bloquer dans les petits vaisseaux, responsables de crises douloureuses dues à un défaut de circulation en aval. Ces crises (crises vaso-occlusives aiguës) nécessitent un traitement fort à base de morphine, et requièrent souvent une prise en charge en réanimation. Cependant, le traitement est souvent insuffisamment efficace. Le patient peut également présenter un syndrome thoracique aigu, une complication de la crise vaso-occlusive, pouvant être responsable d'une insuffisance respiratoire. De plus, les patients atteints de drépanocytose présentent fréquemment une atteinte rénale appelée néphropathie drépanocytaire, qui, aux stades précoces de la maladie, est responsable d'une hyperfiltration rénale, c'est-à-dire que les reins filtrent le sang plus que nécessaire, avec une élimination plus rapide des médicaments. Par exemple, il est connu que des doses plus élevées d'antibiotiques doivent être utilisées chez ces patients par rapport à la population générale pour une efficacité équivalente. L'hypothèse de l'étude est que la morphine, un médicament éliminé par les reins, est sous-dosée chez les patients atteints de drépanocytose, ce qui serait responsable des difficultés à obtenir une analgésie suffisante. Objectif : déterminer le seuil de débit de filtration glomérulaire à partir duquel il est nécessaire de prescrire des doses plus élevées de morphine chez les patients drépanocytaires en crise vaso-occlusive. Méthodes : inclusion de 100 patients admis en réanimation pour une crise vaso-occlusive aiguë ou un syndrome thoracique aigu et recevant de la morphine. Dans les 24 heures suivant l'inclusion dans l'étude, quatre dosages de morphine seront réalisés, en parallèle d'une détermination précise du débit de filtration glomérulaire par mesure du taux d'élimination d'un traceur, éliminé à 100 % par les reins et injecté au début de l'étude. Ce traceur est l'iohexol, un produit de contraste couramment utilisé en radiologie. Le sous-dosage de la morphine sera interprété au regard du débit de filtration glomérulaire. L'efficacité de l'analgésie et la quantité d'antalgiques nécessaires seront également analysées. Perspectives : à l'issue de cette étude, les investigateurs pourront proposer des doses de morphine adaptées aux patients drépanocytaires en crise, en fonction du débit de filtration glomérulaire, dans le but de personnaliser l'analgésie.
À partir de 18 ans · Réf. NCT07246265
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