Les progrès des méthodes diagnostiques et des traitements anticancéreux ont conduit à une augmentation constante des taux de survie. Le taux de survie à 5 ans des hommes ayant reçu un diagnostic de cancer entre 15 et 39 ans a dépassé 81 %. Par conséquent, la qualité de vie - et en particulier la question de la parentalité - est devenue essentielle. Les traitements anticancéreux - chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie - peuvent altérer significativement la fertilité. Ils peuvent entraîner des troubles sexuels (anéjaculation, anérection), un déficit androgénique, ou une altération permanente de la spermatogenèse. Or, le désir de parentalité figure parmi les trois principaux objectifs de vie des patients nouvellement diagnostiqués avec un cancer, et 50 % des patients souhaitent avoir un enfant à l'avenir. La préservation de la fertilité masculine constitue donc un enjeu crucial. Avant la puberté, celle-ci peut être réalisée par prélèvement de tissu testiculaire, bien que cette approche soit encore considérée comme expérimentale. Après la puberté, un prélèvement d'éjaculat permet la conservation de paillettes de sperme. Ainsi, lorsqu'un couple souhaite concevoir, après une éventuelle réévaluation de la spermatogenèse si celle-ci est altérée, une assistance médicale à la procréation (AMP) peut être réalisée avec ou sans le sperme congelé. Selon la littérature, le sperme est généralement utilisé dans les 10 ans suivant la préservation de la fertilité. Peu de données ont été recueillies sur le fait que les hommes ayant des antécédents de cancer conçoivent naturellement ou non. Il est donc important de recueillir ces informations concernant la paternité, en particulier si les hommes ayant des antécédents de cancer ont eu recours ou non à une AMP, et si le sperme congelé a été utilisé ou non, sur la base des résultats du spermogramme de suivi réalisé après traitement. Objectif principal Décrire la fertilité - spontanée ou obtenue après assistance médicale à la procréation (AMP) - avec ou sans utilisation des gamètes préservés, chez les patients ayant bénéficié d'une préservation de la fertilité dans le cadre d'un traitement anticancéreux au CECOS de Lyon entre 2010 et 2024. Objectif secondaire : Évaluer la population des hommes ayant préservé leur fertilité avant un traitement anticancéreux au Centre d'étude et de conservation des œufs et du sperme (CECOS) de Lyon entre 2010 et 2024, en particulier : * Le nombre et les caractéristiques cliniques et épidémiologiques des patients. * Décrire la fertilité après le cancer * Comprendre les protocoles de prise en charge du CECOS afin d'améliorer le parcours de soins des patients. * Décrire les difficultés psychologiques survenues au moment du recueil ayant empêché la procédure et donc la préservation de la fertilité. * Déterminer le devenir des paillettes préservées non utilisées Méthodologie : * Analyse rétrospective des données du CECOS de Lyon entre 2010 et 2024. * Informations recueillies dans la base de données : âge du patient, indication, type de préservation de la fertilité réalisée (tissu testiculaire ou éjaculat) * Par la suite, un questionnaire papier et électronique a été envoyé à ces mêmes patients afin de recueillir des données sur leur fertilité après la préservation de la fertilité. * Informations recueillies via les questionnaires : statut marital, lieu de résidence, paternité antérieure au cancer, type de cancer, traitement reçu, obtention d'une grossesse après le cancer et méthode (grossesse spontanée, réutilisation de paillettes au centre, ou AMP dans un autre centre), don des gamètes à la recherche, ou destruction en cas de non-utilisation. Le CECOS de Lyon fait partie intégrante du service de médecine et biologie de la reproduction des Hospices Civils de Lyon.
18 à 60 ans · Réf. NCT07601451