Séances groupées de tDCS pour réduire la consommation d'alcool chez des patients non abstinents atteints d'un trouble de l'usage de l'alcool
Le poids global de la maladie et des accidents attribuables à l'alcool est considérable : dans le monde, 5,3 % des décès sont directement liés à l'alcool. En France, 41 000 décès étaient attribuables à l'alcool en 2015. L'alcool peut causer plus de 200 maladies. L'alcool représente un coût social important, estimé à 120 milliards d'euros en France en 2010. Il existe un argumentaire scientifique et clinique en faveur de la promotion de la réduction de la consommation d'alcool dans le trouble de l'usage de l'alcool (TUA). Les stratégies de réduction des risques liés à l'alcool ont montré des résultats constamment prometteurs. La réduction de la consommation d'alcool est un objectif thérapeutique reconnu, avec un impact significatif sur la morbimortalité et le coût socio-économique associé. Cela est possible car elle réduit les dommages directs liés à l'alcool, et parce qu'elle représente un objectif attractif pour les patients qui ne sont pas intéressés par l'abstinence. Pour la réduction de la consommation d'alcool, deux agents pharmacologiques sont actuellement disponibles sur le marché : le nalméfène et le baclofène. L'indication approuvée du nalméfène est la « réduction de la consommation d'alcool chez les patients adultes présentant une dépendance à l'alcool avec un niveau de risque élevé de consommation, sans symptômes de sevrage physique et ne nécessitant pas de désintoxication immédiate ». Les effets thérapeutiques du nalméfène sur la réduction de la consommation d'alcool restent modestes : une méta-analyse récente des traitements pharmacologiques du trouble de l'usage de l'alcool n'a trouvé aucun effet sur le nombre de jours de forte consommation d'alcool (RR 0,74 ; IC à 95 % [0,44-1,15]) (Bahji 2022). De plus, des événements indésirables tels que nausées, vomissements, vertiges, troubles du sommeil et diminution de l'appétit sont fréquemment rapportés (van den Brink 2014). Une revue Cochrane récente a rapporté un effet très modeste du baclofène sur le nombre de jours d'abstinence (différence moyenne de 9,07 % ; IC à 95 % [3,30 à 14,85]) et aucun effet significatif sur le nombre de jours de forte consommation d'alcool (SMD -0,18 ; IC à 95 % [-0,48 à 0,11]) ni sur le nombre de verres par jour (différence moyenne -0,45 ; IC à 95 % [-1,20 à 0,30]) (Agabio 2023). Par ailleurs, l'utilisation du baclofène nécessite une titration prudente et progressive de la dose en raison d'effets indésirables fréquents, en particulier une sédation, des vertiges et des troubles de la vigilance, qui peuvent limiter sa tolérabilité et l'observance en pratique clinique. Étant donné que les options thérapeutiques actuellement disponibles pour la réduction de la consommation d'alcool présentent des profils d'efficacité et de tolérabilité sous-optimaux, d'autres approches, telles que les interventions de neuromodulation pour le trouble de l'usage de l'alcool, sont actuellement à l'étude. La stimulation transcrânienne à courant continu (tDCS) est une méthode non invasive et sûre de modulation de l'excitabilité corticale. Elle consiste à faire passer un faible courant continu à travers le cerveau entre deux électrodes, une anode et une cathode. Il a été montré que la tDCS anodique améliore de nombreux processus cognitifs, et il a été supposé que la tDCS anodique renforce la fonction exécutive et améliore le contrôle cognitif dans le TUA, réduisant la probabilité de rechute. Les données actuelles permettent de formuler une recommandation de niveau B (efficacité probable) pour la tDCS répétée dans la fibromyalgie, les épisodes dépressifs majeurs et l'addiction. Cette recommandation a été formulée pour un montage d'électrodes spécifique, avec l'anode placée sur le cortex préfrontal dorsolatéral (CPFDL) droit et la cathode sur le CPFDL gauche. Dans l'ensemble, les résultats de l'essai REDSTIM sont encourageants, avec des effets statistiquement significatifs en faveur de la stimulation active par rapport au placebo.
À partir de 18 ans · Réf. NCT07442786
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