La santé mentale maternelle dans la période post-partum constitue un enjeu majeur de santé publique en France. L'Enquête nationale périnatale de 2021 met en évidence des taux de prévalence élevés de troubles de la santé mentale chez les mères, avec 27,6 % présentant des troubles anxieux, 16,7 % présentant des troubles dépressifs et 5,4 % ayant des pensées suicidaires. Entre 2016 et 2018, le suicide était également la première cause de mortalité maternelle au cours de l'année suivant l'accouchement, ce qui souligne la gravité et la fréquence de ces troubles. En réponse, les recommandations internationales, notamment celles de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ainsi que des politiques nationales telles que la stratégie des « 1 000 premiers jours », soulignent l'importance d'un accompagnement postnatal précoce, renforcé et individualisé. En France, ce suivi post-partum tend à s'organiser autour de l'Entretien postnatal précoce et du recours recommandé à des outils de repérage validés tels que l'échelle de dépression postnatale d'Édimbourg (EPDS). Cependant, la qualité des soins post-partum ne dépend pas seulement du repérage et du suivi clinique, mais aussi de facteurs organisationnels et environnementaux. Parmi ceux-ci, les modalités des visites en maternité constituent un déterminant potentiel de l'expérience des patientes, susceptible d'influencer à la fois leur état mental, leur repos, la mise en place de l'allaitement et, indirectement, la santé du nouveau-né. Les mesures exceptionnelles mises en place pendant la pandémie de Covid-19, notamment la restriction des visites, ont montré des effets globalement favorables, avec une satisfaction améliorée chez les patientes et le personnel soignant, de meilleures conditions de repos, une facilitation de l'allaitement et une amélioration perçue des conditions de travail. Cependant, ces données ont été recueillies dans un contexte sanitaire exceptionnel, susceptible d'introduire des biais liés aux contraintes sociales, émotionnelles et organisationnelles propres à cette période. Leur extrapolation à la pratique courante reste donc incertaine. Par ailleurs, en l'absence de recommandations nationales spécifiques encadrant les visites en maternité, le cadre réglementaire actuel reste flou et les pratiques varient d'un établissement à l'autre, reposant souvent sur des décisions locales qui n'ont pas été évaluées scientifiquement. Dans ce contexte, l'étude VISIMAT vise à caractériser les modalités des visites en maternité en dehors de toute circonstance exceptionnelle et à évaluer leur impact sur la santé des mères et des nouveau-nés, ainsi que sur les conditions de travail des professionnels de santé. Elle a pour objectif de fournir une base scientifique pour éclairer l'élaboration de recommandations standardisées et de messages de prévention.
À partir de 18 ans · Réf. NCT07653646