L'obésité progresse dans le monde entier, avec peu de traitements efficaces, ce qui entraîne un essor de la chirurgie bariatrique (CB). La France se classe au 3e rang mondial pour le nombre annuel de CB. La CB améliore le diabète de type 2 (DT2) et induit même une rémission du diabète (RD) chez 60 % des patients. Ainsi, un consensus d'experts a recommandé d'étendre la CB au DT2 avec un IMC ≥ 30 kg/m² associé à une glycémie non contrôlée, ce qui laisse présager un recours encore plus important à la CB. Le contrôle glycémique continue de se détériorer à plus long terme chez les patients sans rémission du diabète (NRD), et une rechute survient chez certains patients en rémission, ce qui souligne la nécessité d'ajouter un nouveau traitement pour contrôler la glycémie et d'établir de nouvelles recommandations à l'avenir. L'obésité et le DT2 se caractérisent par une dysbiose du microbiote intestinal, avec une richesse en gènes microbiens (RGM) faible à très faible. Environ 75 % des patients candidats à la CB appartiennent à la catégorie de RGM faible. Alors que la CB modifie la composition du microbiote et augmente la RGM un an après l'intervention, il a été démontré que seul un petit nombre de patients atteignent une RGM élevée. La dysbiose peut être améliorée par plusieurs moyens ; un régime enrichi en fibres, les prébiotiques et les probiotiques améliorent également les altérations métaboliques et la résistance à l'insuline chez la souris. Cependant, les études menées chez l'homme ont montré des résultats plutôt divergents : certaines études montrent un effet bénéfique sur l'amélioration de la résistance à l'insuline, mais de faible ampleur, tandis que d'autres ne montrent aucun effet significatif. D'autres stratégies innovantes devraient donc être testées chez l'homme. Par exemple, le transfert de microbiote fécal (TMF) améliore la sensibilité à l'insuline et la RGM chez les patients atteints de syndrome métabolique, mais n'a jamais été testé dans le DT2 ni après CB. La question de savoir si l'ajout d'un tel traitement innovant, visant à modifier davantage le microbiote intestinal après CB, peut contribuer à améliorer le contrôle glycémique doit être étudiée. Le TMF a montré des bénéfices dans plusieurs pathologies (infection à Clostridium difficile (CD) et maladie de Crohn). Jusqu'à récemment, le TMF était réalisé au moyen d'outils invasifs (endoscopie ou coloscopie), avec des effets secondaires potentiels, ou par lavement, mais avec une efficacité peut-être moindre. Des développements technologiques récents ont permis de mettre au point un TMF sous forme de capsules orales (remplies de matière fécale), aussi efficace que le TMF invasif pour l'infection à CD, avec une bonne tolérance. Cette stratégie n'a jamais été testée dans l'obésité ou le DT2, alors que chez des patients atteints de syndrome métabolique (avant la survenue d'un DT2) et présentant une dysbiose moins sévère, une étude de preuve de concept a montré que le TMF endoscopique pouvait améliorer la sensibilité à l'insuline après 6 semaines. Cependant, ces études ont inclus un faible nombre de patients, non diabétiques de type 2, et n'ont pas testé le TMF par voie orale. L'hypothèse formulée ici est qu'une intervention améliorant la dysbiose un an après la CB pourrait contribuer à améliorer ou à maintenir le contrôle du diabète à long terme. Les effets du TMF (provenant de donneurs sains et minces) par rapport à un transfert placebo seront examinés chez des patients sans rémission du diabète, sous contrôle diététique, un an après la CB, sur la réduction de l'HbA1c évaluée 6 mois après l'intervention.
18 à 65 ans · Réf. NCT06192693