Impact sur la qualité de vie du suivi électronique en routine des symptômes chez les patients dialysés
En France, l'insuffisance rénale terminale (IRT) touche près de 170 personnes par million d'habitants chaque année, et 92 500 personnes sont traitées par dialyse ou transplantation rénale (0,14 % de la population française). Le traitement de l'insuffisance rénale chronique est extrêmement coûteux : 4 milliards d'euros en 2021, soit 2 % des dépenses de l'assurance maladie, et un coût annuel de 42 000 euros par patient. La qualité de vie liée à la santé (QVLS) des patients dialysés est faible, avec des scores rapportés de 40 % à 60 % de la pleine santé. En France, on observe une diminution significative des scores de la composante physique (-15,4 points) et mentale (-6,9 points) par rapport à la population générale. Les patients dialysés présentent souvent des symptômes sévères ou envahissants, qui contribuent à cette faible QVLS. Cependant, en néphrologie, les études se sont concentrées sur la survie et les biomarqueurs biologiques, et très peu d'interventions ont visé à améliorer ce qui constituait une priorité pour les patients, à savoir le traitement de leurs symptômes et l'amélioration de leur QVLS. Des occasions d'intervenir et d'améliorer la gestion des symptômes et la QVLS globale ont donc pu être manquées. Ignorer les symptômes des patients constitue une omission importante. Sur 28 essais randomisés menés en soins primaires et en oncologie ayant mesuré l'impact de la communication des résultats rapportés par les patients aux cliniciens, 65 % ont montré une amélioration des processus de soins et 47 % une amélioration des résultats de santé. Les résultats de deux essais randomisés récents en oncologie suggèrent que le suivi des symptômes peut améliorer la QVLS et la survie globale. Aucune donnée n'existe pour les patients dialysés, bien que des solutions thérapeutiques soient disponibles dans la plupart des cas. Les équipes de néphrologie ne reconnaissent pas suffisamment la prévalence, la sévérité et les effets négatifs des symptômes chez leurs patients, et les patients sous-déclarent leurs symptômes. Grâce à un dépistage systématique des symptômes et à une transmission automatique des symptômes sous forme d'alertes, le personnel de dialyse pourra réagir et mettre en œuvre une prise en charge de routine pour soulager les symptômes des patients. L'étude F-SWIFT évalue l'hypothèse selon laquelle un suivi régulier des symptômes et une restitution des résultats aux patients hémodialysés et à leur équipe de dialyse améliorent la QVLS des patients à 18 mois. En outre, l'essai vise à déterminer si le recueil électronique des résultats rapportés par les patients au sein d'un registre national des patients dialysés est faisable et efficient sur le plan économique, évalué à l'aide des données de consommation issues de la base de données médico-administrative du Système National des Données de Santé (SNDS). F-SWIFT constitue le volet français d'un projet international (SWIFT) initié en Australie en 2021 : Australian New Zealand Clinical Trials Registry #ACTRN12620001061921. Ce volet français est financé par l'AAP MESSIDORE 2022 de l'Inserm. F-SWIFT fait également suite à l'étude pilote n° 2021-A00776-35 acceptée par le CPP EST II le 19/10/2021 et financée par l'Agence de la biomédecine (AOR 2021) dans la catégorie RIPH3.
À partir de 18 ans · Réf. NCT06257134
Mis à jour le
