L'endocardite infectieuse (EI) est la localisation et la prolifération de germes véhiculés par le sang au niveau de l'endocarde. Elle reste une maladie compliquée à prendre en charge en raison de sa faible incidence, des difficultés diagnostiques, de l'évolution de l'épidémiologie au cours des dernières décennies et de taux de mortalité élevés. L'incidence annuelle est estimée entre 3 et 10 cas pour 100 000 personnes. L'épidémiologie de l'EI a considérablement changé ces dernières années en raison de l'apparition de nouveaux facteurs de risque. En effet, la fréquence du rhumatisme cardiaque, qui était le premier facteur prédisposant, a nettement diminué dans les pays industrialisés, remplacée par de nouveaux facteurs prédisposants : la présence de prothèses valvulaires ou de matériel intracardiaque (le risque d'EI est multiplié par 50 par rapport à la population générale), l'hémodialyse, les infections nosocomiales, l'immunosuppression, le recours accru aux traitements injectables et, surtout, le vieillissement de la population avec une augmentation des maladies dégénératives telles que le rétrécissement aortique et l'insuffisance mitrale. Le diagnostic d'EI repose sur les critères de DUKE. Mais la présentation clinique est parfois atypique, notamment en cas d'infection sur prothèse, où le diagnostic repose principalement sur les résultats des hémocultures et des données échographiques. Les lésions visualisées à l'échographie sont : les végétations, les abcès, les pseudo-anévrismes et les fistules constituant l'évolution abcédée dégénérée, la perforation des cuspides de la valve native ou de la bioprothèse donnant lieu à un jet de régurgitation excentrique. L'évolution de l'endocardite et son pronostic varient selon de nombreux facteurs : le type de germe responsable, la précocité du diagnostic, l'existence d'une complication, le site de survenue. Ces complications de l'endocardite sont fréquentes, parfois révélatrices. L'EI se complique d'insuffisance cardiaque, de troubles de la conduction auriculo-ventriculaire, d'abcès périvasculaires, de complications emboliques, neurologiques, rénales et septiques. Malgré les progrès des méthodes diagnostiques et thérapeutiques, le diagnostic est parfois difficile, la prise en charge reste très compliquée et la morbidité et la mortalité restent élevées. Des études sont encore nécessaires pour étudier le pronostic et déterminer les facteurs prédictifs de mortalité hospitalière et de mortalité à long terme.
À partir de 18 ans · Réf. NCT03211975