Évaluation de l'impact de l'échographie pleuropulmonaire sur le diagnostic de la dyspnée
La dyspnée est un symptôme subjectif perçu par le patient comme une sensation de « gêne respiratoire », de « suffocation », de « manque d'air » ou de « difficulté à inspirer ou à expirer ». Il s'agit d'un motif fréquent de recours à l'aide médicale urgente (8 % des appels). Les patients les plus sévèrement atteints nécessitent l'envoi d'équipes spécialisées capables d'instaurer une assistance respiratoire afin de réduire la morbidité et la mortalité de ces patients. En France, ces équipes sont médicalisées par un médecin urgentiste au sein des services mobiles d'urgence et de réanimation (SMUR). Cette situation n'est que rarement rencontrée hors de France, où des équipes paramédicales spécialisées (« advanced life support paramedic teams ») peuvent être envoyées. Outre leur rôle d'instauration d'une éventuelle assistance respiratoire, ces équipes (SMUR ou paramédicales) peuvent engager une démarche diagnostique et thérapeutique en lien avec l'origine suspectée de la dyspnée. Cependant, de nombreux diagnostics peuvent être à l'origine d'une dyspnée, et la démarche diagnostique peut être complexe. Les diagnostics les plus fréquemment décrits dans la population préhospitalière sont : la pneumonie bactérienne, l'insuffisance cardiaque aiguë, l'exacerbation de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) ou d'asthme, et l'embolie pulmonaire. Chacun de ces diagnostics nécessite un traitement médicamenteux spécifique, guidé par des recommandations internationales. Un traitement inapproprié de ces pathologies (surtraitement ou sous-traitement) est fréquent et associé à un excès de mortalité intrahospitalière. L'échographie pleuropulmonaire (EPP) a montré des performances diagnostiques très intéressantes en milieu intrahospitalier pour les diagnostics d'intérêt en cas de dyspnée. Cette performance semble également bonne en contexte préhospitalier. En milieu intrahospitalier, l'EPP semble améliorer la démarche diagnostique et les traitements appropriés de la dyspnée. En contexte préhospitalier, cependant, les données sur ce sujet sont rares ou de qualité limitée selon la méta-analyse la plus récente, alors que l'utilisation de cette technique devient de plus en plus courante dans la prise en charge standardisée des patients. De plus, les travaux les plus récents sur ce sujet incluaient des patients dans un système préhospitalier non médicalisé. L'utilisation de l'EPP permettrait aux équipes paramédicales d'augmenter le taux de traitement approprié de 14 % à 53 %. Cependant, le taux de traitement approprié attendu par une équipe médicalisée est estimé à 62 %, et la performance diagnostique des médecins en EPP est probablement supérieure à celle des équipes paramédicales. Ces données doivent donc être consolidées dans un système français avant de faire l'objet de recommandations de niveau supérieur. L'utilisation systématique de l'EPP lors de l'engagement préhospitalier d'un SMUR pour dyspnée pourrait également améliorer le taux de traitement approprié, même dans un contexte de médicalisation de la prise en charge initiale des patients.
À partir de 18 ans · Réf. NCT07104578
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