Évaluation du risque de déficit cognitif après chirurgie de l'épilepsie par imagerie spectrale dynamique (ISD) des fonctions cognitives chez des patients explorés en stéréo-électroencéphalographie (SEEG)
L'épilepsie touche entre 0,5 et 0,7 % de la population européenne. Malgré la disponibilité de nombreux traitements médicamenteux, un tiers des patients continuent de présenter des crises, associées à des complications cognitives et sociales importantes et à une surmortalité. Chez ces patients, le traitement chirurgical visant à retirer la zone épileptogène (ZE), la région du cerveau responsable des crises, est la seule approche permettant de contrôler la maladie. Cependant, avant d'envisager cette chirurgie, les investigations doivent répondre à deux questions : (i) quelles sont la localisation et l'extension de la ZE et (ii) quels risques fonctionnels, à la fois moteurs et cognitifs, représenterait la résection de cette région corticale ? S'agissant d'une chirurgie fonctionnelle, il est en effet inconcevable que l'intervention entraîne un sur-handicap. Pour ces raisons, tous les candidats à la chirurgie bénéficient d'un bilan complet comprenant des examens d'imagerie, une évaluation neuropsychologique et un enregistrement vidéo-EEG de longue durée permettant d'enregistrer les crises. Néanmoins, chez certains patients, ce bilan ne permet pas d'apporter une réponse formelle. Chez ces sujets, il est alors nécessaire de réaliser une seconde étape, consistant en une exploration invasive par implantation d'électrodes intracérébrales lors d'une stéréo-électroencéphalographie (SEEG). Grâce à sa résolution temporelle et spatiale, la SEEG permet, outre la détermination précise de la ZE, de réaliser une cartographie fonctionnelle des régions corticales susceptibles d'être incluses dans la corticectomie. Classiquement, cette cartographie est réalisée sur la base de stimulations électriques corticales appliquées aux électrodes implantées. Si cette approche est très robuste pour explorer des fonctions primaires telles que la motricité ou le langage, elle ne peut pas être utilisée pour évaluer des tâches cognitives plus complexes telles que la reconnaissance des visages ou l'attention, un traitement cognitif efficace au quotidien. Cela a conduit au développement, ces dernières années, à Lyon et à Grenoble, d'une approche complémentaire à la stimulation cérébrale : l'imagerie spectrale dynamique (ISD). De nombreux paradigmes expérimentaux ont démontré que la réalisation d'une tâche cognitive s'associe à la génération, au sein des régions corticales impliquées dans son traitement, d'une activité corticale particulière. Cette activité est caractérisée par des oscillations du rythme cortical à haute fréquence (> 30 Hz), appelées activités gamma. L'ISD consiste ainsi à cartographier cette activité gamma au cours de diverses tâches cognitives, permettant ainsi d'étudier plus largement la complexité des fonctions cognitives. Les corrélations entre l'activité gamma et les tâches cognitives ont jusqu'à présent été exclusivement réalisées dans le cortex non épileptique exploré à la périphérie de la ZE lors de la SEEG. Néanmoins, l'étude du profil oscillatoire cortical associé à une tâche cognitive spécifique au sein de la ZE pourrait permettre de mieux anticiper les déficits cognitifs complexes susceptibles d'être générés par la résection d'une région corticale. L'objectif principal de ce projet est d'établir le caractère prédictif du profil oscillatoire cortical gamma associé à une tâche cognitive spécifique sur le risque de survenue d'un trouble cognitif après chirurgie de l'épilepsie.
18 à 65 ans · Réf. NCT03094312
Mis à jour le
