En France, 10 % de la population souffre de maladie rénale chronique (MRC). La MRC est classée en cinq stades, décrits du moins sévère (stade 1) au plus sévère (stade 5). Chaque année, en région PACA, environ 1 000 nouveaux patients présentent une MRC au stade terminal (5D), nécessitant la mise en place d'un traitement de suppléance, qu'il s'agisse d'hémodialyse, de dialyse péritonéale ou de transplantation rénale. Aux stades 4 et 5 de la MRC, un régime hypoprotéiné peut être proposé pour retarder l'initiation de la dialyse (Garneata et al. 2016). Pour instaurer un régime pauvre en protéines, le diététicien évalue d'abord les apports protéiques. Cela peut se faire par : * la mesure de l'urée urinaire des 24 heures. Il s'agit de la méthode de référence pour évaluer la quantité de protéines consommées au cours des dernières 24 heures. Cependant, elle ne permet pas de déterminer les habitudes alimentaires du patient et ne peut donc pas être utilisée pour proposer des modifications en vue de l'instauration d'un régime pauvre en protéines. * Un relevé alimentaire détaillé. Le relevé alimentaire de 3 jours actuellement utilisé (un outil de recueil des habitudes alimentaires défini par la HAS) fournit une évaluation fiable des apports protéiques. Toutefois, cet outil requiert un temps diététique important, limitant le temps disponible pour l'éducation nutritionnelle et le nombre de patients pouvant bénéficier d'une consultation diététique. MS-Nutrition est une start-up qui a développé une application web pouvant être utilisée par les patients eux-mêmes pour évaluer leurs apports nutritionnels, intégrant un questionnaire de fréquence alimentaire (dit questionnaire FFQ) utilisé pour obtenir des informations sur la fréquence des aliments et boissons consommés sur une période donnée (1 semaine, 1 mois...). Dans la population générale (sans MRC), il existe une bonne concordance entre le questionnaire FFQ et une évaluation classique des ingesta (relevé alimentaire de 3 jours tel que pratiqué actuellement, ou rappel des 24 heures, un autre type de recueil basé sur la consommation de la veille) (Affret et al., 2018 ; Deschamps et al., 2009). Ces études menées chez des adultes en bonne santé ne prennent pas en compte la méthode de référence (urée urinaire) pour évaluer les apports protéiques. Une seule étude menée dans une population atteinte de MRC évalue la concordance de l'évaluation des apports protéiques (ainsi que des apports en calcium, phosphore, potassium et sodium) entre un questionnaire FFQ et un relevé alimentaire (rappel des 24 heures) (Affret et al. 2017). Cette étude montre une corrélation acceptable entre le FFQ et le relevé alimentaire (coefficient de corrélation compris entre 0,05 et 0,79, avec une médiane de 0,40), mais cette étude a été réalisée sans intervention diététique et en utilisant un type de relevé alimentaire différent. Comme dans les études menées chez des adultes en bonne santé, les apports protéiques évalués par tout type de questionnaire alimentaire ne sont pas comparés à une évaluation plus fiable de ces mêmes apports (urée urinaire des 24 heures). L'étude proposée comparera la concordance de l'évaluation des apports alimentaires entre chacun des 2 types de recueil alimentaire (FFQ et un recueil alimentaire de 3 jours) et l'urée urinaire des 24 heures, ce qui limite les biais inhérents au recueil alimentaire.
À partir de 18 ans · Réf. NCT06224153