Étude des mécanismes physiopathologiques impliqués dans le syndrome SAPHO : composante génétique et réponse immunitaire
Le syndrome SAPHO (Synovite, Acné, Pustulose, Hyperostose et Ostéite) est un rhumatisme inflammatoire chronique associant des lésions osseuses ou articulaires et des manifestations dermatologiques dominées par une acné sévère et une pustulose palmaire et palmoplantaire. La prévalence du syndrome SAPHO est estimée à 1/50 000 en France, mais ce chiffre est probablement sous-estimé en raison d'erreurs diagnostiques fréquentes. Les manifestations ostéoarticulaires forment un tableau rhumatologique très proche de celui d'autres formes de spondyloarthrite (SpA). Les dernières recommandations françaises ne distinguent pas le syndrome SAPHO des autres formes de SpA. Il en résulte une prise en charge du SAPHO assez hétérogène, reposant essentiellement sur l'expérience locale des rhumatologues. Les retards diagnostiques et les difficultés à trouver un traitement efficace peuvent entraîner un handicap important et une réduction de la qualité de vie, particulièrement préjudiciable dans une population jeune (l'âge au diagnostic se situe généralement entre 30 et 40 ans). Le large spectre des présentations cliniques du syndrome SAPHO explique la complexité de la prise en charge de cette affection. Comprendre les mécanismes physiopathologiques sous-jacents à ces différentes formes de la maladie constitue un enjeu majeur pour la médecine personnalisée. Le syndrome SAPHO est une maladie multifactorielle résultant de l'interaction de facteurs génétiques, environnementaux, immunologiques et infectieux. Dans la classification des maladies inflammatoires à médiation immunitaire, le syndrome SAPHO se situe à mi-chemin entre les maladies auto-inflammatoires impliquant la réponse immunitaire innée et la spondyloarthrite associée à des anomalies de la réponse immunitaire adaptative. En effet, bien que le phénotype clinique puisse ressembler à celui de la spondyloarthrite sur certains aspects, l'identification de formes génétiques d'ostéite chronique récidivante, telles que le syndrome DIRA ou le syndrome de Majeed, plaide en faveur d'une origine auto-inflammatoire du syndrome SAPHO. Bien que l'ostéite soit réputée stérile, un facteur déclenchant infectieux est suspecté depuis longtemps dans cette maladie. Parmi les agents bactériens, des antigènes de Cutibacterium acnes ont été détectés dans des biopsies osseuses de patients atteints du syndrome SAPHO. Il a été suggéré que cette bactérie pourrait jouer un rôle dans le déclenchement d'une réponse inflammatoire systémique médiée notamment par l'IL-1β.
À partir de 18 ans · Réf. NCT07081880
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