Les complications associées au chemsex concernent les spécialistes des maladies infectieuses, les addictologues et les autorités publiques. Le chemsex se définit chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) et les personnes trans et non binaires participant aux réseaux de rencontres gays, en raison de leurs caractéristiques psychologiques, sexuelles et sociales spécifiques. Les drogues utilisées en France sont les cathinones (3-MMC), le GBL et la méthamphétamine, administrées par voie orale, nasale, rectale et intraveineuse (« slam »). En s'appuyant sur des modèles de changement et des théories d'éducation à la santé, les équipes du 190 et de Spot Beaumarchais (AIDES) ont créé, au sein de leurs locaux partagés, le Parcours d'Accompagnement Renforcé Communautaire (PARC), un programme pluridisciplinaire et communautaire assurant une prise en charge globale des complications du chemsex.
Le programme vise à obtenir des bénéfices cliniques :
* Réduire les symptômes addictifs
* Diminuer les risques somatiques, psychiatriques et sociaux liés au chemsex
* Explorer et prendre en charge les déterminants de la consommation et des complications, notamment psychologiques et psychiatriques
* Améliorer les liens sociaux
* Maintenir les objectifs de vie et professionnels
* Percevoir ou créer de nouveaux types de liens entre hommes
* Reprendre une activité physique
* Améliorer l'estime de soi
* Trouver une sexualité satisfaisante et épanouie
* Améliorer la qualité de vie globale
L'objectif de cette étude est de s'assurer que le programme PARC, tel qu'il a été conçu, atteint sa population cible, est faisable, pérenne, d'un coût acceptable, et améliore la situation de la population qui y a accès tout au long du parcours. Ainsi, à moyen terme, cette étude permettra d'identifier l'ensemble des facteurs de réussite du déploiement d'un tel programme et de construire une boîte à outils pour sa diffusion vers d'autres régions confrontées à des problématiques similaires mais dans des contextes quelque peu différents.
L'objectif principal est d'évaluer la faisabilité du programme PARC en termes de mise en œuvre, en mesurant l'adhésion des patients au programme. Le critère de jugement principal est le taux de patients ayant terminé le suivi dans le programme PARC par rapport au nombre de patients ayant débuté le programme PARC (au moins la visite d'inclusion) sur une période de 18 mois. Un patient est considéré comme adhérent s'il a participé à au moins un atelier de chaque type proposé au cours du premier mois ET a continué à participer à au moins 4 ateliers et 2 consultations par mois au cours des mois 2 et 3.
Les objectifs secondaires sont :
1. Évaluer la faisabilité du programme PARC en termes de mise en œuvre, selon la méthodologie RE-AIM (Glasgow) :
* Portée (Reach) : la population de patients incluse représente-t-elle fidèlement la population cible ? La perte de patients concerne-t-elle les patients les plus vulnérables ?
* Efficacité intermédiaire à 3 mois : (questionnaires auto-administrés)
* Qualité de vie globale
* Critères d'addiction
* Complications somatiques
* Vie sociale
* Qualité de vie sexuelle
* Adoption de l'intervention par les professionnels : les réseaux d'addictologie, les CeGIDD, les CSAPA et les médecins de ville orientent-ils leurs patients vers le programme PARC ?
* Mise en œuvre de l'intervention : le programme a-t-il évolué entre le début et la fin de l'étude ? Y a-t-il eu des adaptations ?
* Maintien ou pérennité : le modèle financier du programme est-il pérenne et assure-t-il un retour sur investissement, au vu de l'analyse du coût de la prise en charge ?
2. Identifier les facteurs contextuels, facilitateurs ou obstacles, à une mise en œuvre et une efficacité optimales. (analyse qualitative)
La taille d'échantillon attendue est de 60 patients inclus sur une période de 18 mois. Chaque patient sera inclus pour une durée de 6 mois, et l'étude durera 24 mois.
18 à 99 ans · Réf. NCT06610916