La paralysie supranucléaire progressive (PSP) est une maladie neurodégénérative rare, dont la prévalence est estimée à 6 pour 100 000 en France, et dont l'évolution est rapidement progressive. Dans sa forme classique (dite de type Richardson), elle se manifeste par un syndrome parkinsonien à prédominance axiale, une instabilité posturale avec chutes précoces, des troubles oculomoteurs, ainsi que des troubles cognitifs et comportementaux. En dehors de la lévodopa, qui peut apporter une modeste amélioration du syndrome parkinsonien chez certains patients, la prise en charge thérapeutique actuelle repose principalement sur des techniques de rééducation, dont l'efficacité n'est pas prouvée. Les symptômes cognitivo-comportementaux sont fréquents dans cette maladie et se caractérisent principalement par une altération des fonctions exécutives, liée à un dysfonctionnement du cortex frontal. Ils ont souvent un effet dévastateur sur la qualité de vie, sont associés à un risque accru de chutes et représentent un fardeau considérable pour les aidants. Parmi ces symptômes, l'apathie est le symptôme le plus fréquemment décrit. L'impulsivité, associée à une altération du contrôle inhibiteur, est présente dans 32 à 74 % des cas et peut coexister avec l'apathie. L'inhibition cognitive et comportementale dépend d'un réseau cérébral complexe qui comprend, entre autres, le gyrus frontal inférieur droit (GFI), le cortex préfrontal dorsolatéral, l'aire motrice supplémentaire, le cortex moteur et les noyaux gris centraux. Il a récemment été démontré que les patients atteints de PSP présentent une altération de la connectivité fonctionnelle entre le GFI droit et les autres structures cérébrales de ce réseau, et que les déficits en neurotransmetteurs au niveau du GFI droit sont corrélés à leur impulsivité. Parallèlement aux approches pharmacologiques, les techniques de stimulation cérébrale non invasive se développent rapidement en tant qu'outil thérapeutique potentiel. La stimulation transcrânienne à courant continu (tDCS), en modulant l'excitabilité corticale, est une technique prometteuse. Elle est simple à administrer et a démontré son efficacité dans plusieurs contextes cliniques. Par ailleurs, une méta-analyse récente portant sur 45 études cliniques montre que des séances uniques ou répétées de tDCS pourraient améliorer modestement mais significativement la réponse inhibitrice — mesurée par le temps de réaction dans le paradigme du signal stop — en particulier lorsque la stimulation active (anodale) était appliquée au niveau du GFI droit. Ces études portaient principalement sur des sujets sains. Quelques études ont examiné les effets de la tDCS dans les maladies neurodégénératives et dans la PSP. Ces études sont encore préliminaires, portant sur de petits effectifs, mais elles sont encourageantes. Parmi celles-ci, une étude randomisée comparant la tDCS à une tDCS fictive a démontré un effet bénéfique d'une séance unique de tDCS ciblant le cortex préfrontal dorsolatéral sur la fluence verbale chez des patients atteints de PSP. L'hypothèse de notre étude est que l'application d'une stimulation tDCS au niveau du GFI droit améliorera certaines fonctions cognitives et réduira l'impulsivité comportementale chez les patients. Très peu de données sur la tDCS dans la PSP sont disponibles à ce jour. Seules trois études ont été publiées. Avec des schémas très différents — dont un seul essai randomisé comparant la tDCS à une tDCS fictive —, ces études ont évalué les effets de la tDCS appliquée au cortex préfrontal dorsolatéral ou aux aires motrices et prémotrices sur les symptômes langagiers et moteurs, respectivement. Dans cette étude randomisée, en double aveugle et contrôlée, les investigateurs proposent d'explorer les effets de la tDCS sur le GFI droit sur les fonctions exécutives et, plus spécifiquement, sur le contrôle inhibiteur.
40 à 89 ans · Réf. NCT07818733