Évaluation multicentrique du protocole de réhabilitation améliorée après chirurgie dans la chirurgie de la scoliose idiopathique de l'adolescent
La scoliose idiopathique de l'adolescent est une déformation de la colonne vertébrale touchant 2 à 4 % de la population de moins de 18 ans. Elle peut avoir un impact physique ou psychologique important à l'âge adulte. La déformation entraîne des contraintes mécaniques provoquant une arthrose précoce, source de handicap à l'âge adulte. Il existe également, dans les cas les plus sévères de scoliose idiopathique, un impact sur la fonction respiratoire. Les adolescents présentant une scoliose d'un angle de 40° ou plus sont opérés, durant l'adolescence, d'une intervention appelée arthrodèse postérieure, afin de limiter ces conséquences. En France, plus de 1 000 patients adolescents subissent chaque année une intervention appelée arthrodèse rachidienne postérieure pour une scoliose sévère. Elle vise à redresser la colonne vertébrale par greffe osseuse de l'ensemble des vertèbres incluses dans la scoliose. Deux tiges métalliques sont implantées pour favoriser l'ostéosynthèse de la colonne redressée. Cette intervention souffre d'une mauvaise image et inquiète les patients et leurs parents, car elle nécessite la pose d'implants métalliques à proximité de la moelle épinière. Cette inquiétude provient de la complication la plus grave, exceptionnelle, pouvant survenir à la suite de cette chirurgie : une paraplégie définitive. La cicatrice est assez étendue et l'intervention réduit la mobilité d'une partie de la colonne vertébrale. L'intervention entraîne une hémorragie assez importante, conduisant à une diminution du taux d'hémoglobine, à l'origine d'une fatigue durant les semaines suivantes. Les jours suivants, le patient nécessite un protocole spécifique de prise en charge de la douleur, comprenant des médicaments à base de morphine et des anti-inflammatoires. Cette intervention nécessite le plus souvent une hospitalisation de 5 à 7 jours, suivie d'une période de convalescence de 1 à 2 mois à domicile ou en centre de rééducation. Cette intervention est réalisée chez des patients adolescents sans comorbidités. De plus, la voie d'abord chirurgicale n'est pas profonde, passant entre les muscles paravertébraux, sans vaisseaux sanguins de gros calibre ni organes majeurs à proximité. La douleur est provoquée par les tensions de correction et par l'accès aux vertèbres au cours de l'intervention. Les techniques chirurgicales ont considérablement évolué, permettant des interventions plus courtes et une réduction des pertes sanguines. L'association de traitements à base de morphine et d'antalgiques de palier I permet une prise en charge efficace de la douleur. Cette intervention paraît parfaitement adaptée à une procédure de réhabilitation améliorée après chirurgie (RAAC). La RAAC est un ensemble de procédures visant à améliorer la tolérance à l'intervention et à réduire sa morbidité, la durée d'hospitalisation après la chirurgie et la durée de récupération. La RAAC est bien développée chez les patients adultes opérés ; elle est également bien décrite chez les patients pédiatriques, en particulier dans les chirurgies de scoliose de l'adolescent. La douleur étant bien contrôlée pendant l'hospitalisation ainsi qu'au retour du patient à domicile, il existe très peu d'obstacles à une procédure de RAAC dans cette indication, chez un patient sans comorbidités. De nombreux articles rapportent l'expérience d'équipes médicales avec des protocoles de RAAC.
11 à 17 ans · Réf. NCT06908213
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