L'endométriose est une maladie inflammatoire chronique, polygénique et multifactorielle touchant environ 10 % des femmes en âge de procréer, ce qui représente plus d'un million de femmes en France. L'endométriose altère profondément la santé et la qualité de vie des personnes concernées et représente un fardeau socio-économique important, ce qui en fait un enjeu majeur de santé publique. À ce jour, la pathogenèse et les facteurs pronostiques de progression de la maladie restent mal compris. Malgré les options thérapeutiques actuelles, fondées sur le traitement hormonal ou la chirurgie, les résistances et les récidives sont fréquentes, soulignant le besoin urgent de stratégies thérapeutiques innovantes. L'hypothèse des règles rétrogrades de cellules endométriales, parmi d'autres théories proposées, semble insuffisante pour expliquer pleinement le développement de la maladie. Des facteurs immunologiques pourraient être impliqués. L'endométriose se caractérise par la présence de tissu endométriosique en dehors de la cavité utérine - au sein de la cavité péritonéale ou en des sites distants - formant des lésions qui, comme l'endomètre eutopique, contiennent des cellules immunitaires infiltrantes, dont la composition varie selon les phases du cycle menstruel. Bien que les données restent rares, la littérature met en évidence plusieurs mécanismes clés : Inflammation et immunité innée : les cellules dendritiques, qui initient et orchestrent les réponses immunitaires, semblent présentes en proportions différentes et présenter des phénotypes altérés dans le tissu endométriosique par rapport au tissu sain. Les macrophages, essentiels à la phagocytose, à la réparation tissulaire et à la résolution de l'inflammation, présentent également une modulation fonctionnelle et phénotypique. En particulier, l'éfférocytose - leur capacité à éliminer les cellules apoptotiques - est altérée, et un déséquilibre de la polarisation M1/M2 a été décrit, pouvant faciliter l'échappement des cellules menstruelles. Le microenvironnement local se caractérise par des profils de cytokines et de chimiokines altérés. Les cellules Natural Killer présentent des schémas d'expression perturbés de leurs capacités d'activation et de dégranulation. Microbiote : de nombreuses études suggèrent un rôle potentiel du microbiote intestinal dans l'initiation et/ou la promotion de l'endométriose. Les patientes présentent fréquemment une dysbiose intestinale, marquée par une diversité microbienne réduite. Résolution de l'inflammation : l'endométriose pourrait être associée à un défaut de résolution de l'inflammation. La pharmacologie de la résolution consiste à utiliser des facteurs pro-résolutifs pour exercer un effet thérapeutique en accélérant ou en stimulant la résolution de l'inflammation. L'interaction entre l'inflammation locale, le microbiote intestinal et la progression de la maladie reste incomplètement élucidée. Une caractérisation phénotypique et fonctionnelle approfondie des cellules immunitaires - en particulier des cellules de l'immunité innée (cellules dendritiques, macrophages, cellules Natural Killer) - associée à un profilage du microbiome et à des données de résultats cliniques, pourrait apporter de nouvelles perspectives sur les mécanismes de la maladie et soutenir le développement de stratégies thérapeutiques pro-résolutives susceptibles de présenter un intérêt dans l'endométriose.
Schéma de l'étude Il s'agira d'une étude expérimentale monocentrique (au CHU de Grenoble), ouverte, prospective, avec un groupe témoin. L'objectif principal est d'identifier des biomarqueurs immunitaires associés à l'endométriose. Les objectifs secondaires comprennent : 1. L'identification de biomarqueurs immunitaires associés aux résultats cliniques de l'endométriose. 2. La caractérisation du système immunogénétique KIR/HLA (Killer Immunoglobulin-like Receptors / Human Leukocyte Antigen) dans les deux groupes de l'étude. 3.
18 à 42 ans · Réf. NCT07078435