Parmi les différents types de douleur observés dans la maladie de Parkinson, la douleur parkinsonienne primaire (DPP) est la plus sévère, la plus difficile à traiter, mais aussi la moins bien caractérisée et la plus difficile à décrire, tant par les patients que par les neurologues. Par conséquent, la DPP reste difficile à identifier, même pour les cliniciens experts en maladie de Parkinson. Néanmoins, les patients atteints de la maladie de Parkinson présentant une DPP semblent présenter certaines caractéristiques démographiques et cliniques susceptibles de les distinguer des autres patients, notamment une réponse motrice à la lévodopa moins bonne, une association plus forte avec les troubles du sommeil, ainsi que des caractéristiques cognitives et comportementales telles que les troubles du contrôle des impulsions (TCI). La DPP pourrait donc être associée à un phénotype spécifique de la maladie, sous-tendu par des mécanismes physiopathologiques distincts. Récemment, un modèle de progression de la maladie a proposé l'existence d'un sous-type « Brain-First » (caractérisé par un début de la maladie au niveau du tronc cérébral) et d'un sous-type « Body-First » (caractérisé par un début de la maladie au niveau du système gastro-intestinal). Plusieurs marqueurs cliniques semblent distinguer ces sous-types, notamment la présence d'un trouble du comportement en sommeil paradoxal (TCSP), qui a été associé au phénotype Body-First. L'association entre la DPP et le TCSP, ainsi qu'entre la DPP et le sous-type Body-First, n'a jamais été étudiée. Les auteurs formulent l'hypothèse que la DPP pourrait être associée à plusieurs marqueurs cliniques du phénotype Body-First. L'identification de telles associations pourrait faciliter le diagnostic clinique courant de la DPP et, par conséquent, améliorer sa prise en charge, qui demeure actuellement insuffisante. L'objectif principal est d'évaluer la proportion de patients présentant une douleur parkinsonienne primaire selon la présence d'un TCSP probable dans la maladie de Parkinson. Cette étude prospective, transversale, non interventionnelle, de catégorie 3 (RIPH 3) sera menée auprès de 300 patients. Les patients contactés par l'intermédiaire de l'association France Parkinson et intéressés par la participation à l'étude pourront accéder au questionnaire en ligne via un QR code ou un lien web. Le remplissage du questionnaire ne devrait pas prendre plus de 15 minutes. Ce questionnaire auto-administré comprendra le recueil de données générales (âge, sexe, durée de la maladie, symptômes moteurs initiaux, côté de prédominance du début des symptômes et comorbidités), ainsi que des évaluations de la douleur, de la migraine, du sommeil, de la constipation, de l'olfaction, de l'anxiété et de la dépression, et des troubles du contrôle des impulsions.
À partir de 18 ans · Réf. NCT07702266