La maltraitance infantile est fréquente et recouvre des formes variées : violences psychologiques, physiques et sexuelles, exposition aux violences conjugales, négligence et exploitation sexuelle. Chaque année, la police et la gendarmerie françaises enregistrent plus de 50 000 enfants victimes de violences intrafamiliales, selon le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI). Environ deux tiers de ces enfants sont victimes de violences physiques et un tiers de violences sexuelles. Ces chiffres augmentent depuis plusieurs années, surtout pour les violences sexuelles, dans un contexte de plus grande révélation par les victimes. Les violences faites aux enfants sont un enjeu majeur de santé publique, du fait de leurs conséquences physiques, psychologiques et développementales à court et à long terme, et du risque accru d'être impliqué, à l'adolescence ou à l'âge adulte, dans de nouvelles violences, comme victime ou comme auteur. Les enfants présumés victimes sont pris en charge dans les unités d'accueil pédiatrique enfance en danger (UAPED) par des équipes pluridisciplinaires (médecins, psychologues, infirmiers, travailleurs sociaux), sur réquisition judiciaire ou signalement des parents ou de la personne qui en a la charge. Selon les cas, l'enfant peut faire l'objet d'une audition menée sur place par des enquêteurs (police ou gendarmerie), suivie d'une évaluation médico-légale et/ou psychologique des conséquences des violences alléguées. Ce modèle permet une prise en charge complète, en un lieu et un délai limités, les professionnels s'organisant autour de l'enfant, ce qui limite les révélations répétées et le risque de re-traumatisation. La grande majorité des auditions sont menées par des enquêteurs formés au protocole du National Institute of Child Health and Human Development (NICHD). Il a été supposé qu'un chien d'assistance judiciaire (JAD) pourrait bénéficier aux enfants pendant l'audition, étape clé souvent très stressante, où l'enfant victime doit raconter des faits traumatiques à un enquêteur inconnu. Depuis des siècles, les chiens sont domestiqués pour accompagner les humains. Depuis la fin du vingtième siècle, ils sont spécifiquement entraînés pour assister des personnes vulnérables, soutenir des personnes atteintes de maladies chroniques et participer à des interventions assistées par l'animal. Le rôle des chiens en soins et en soutien psychosocial a fait l'objet de nombreuses études ces dernières années. Les interventions assistées par l'animal ont été utilisées dans divers contextes cliniques pour réduire l'anxiété, la douleur et les symptômes liés au stress, via des mécanismes de régulation émotionnelle et attentionnelle. Plusieurs études rapportent des bénéfices chez des enfants souffrant de troubles de santé mentale : trouble de stress post-traumatique (TSPT), dépression, trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité (TDAH), troubles anxieux et usage problématique des jeux vidéo. Les chiens d'assistance sont aussi souvent intégrés à des interventions pour enfants avec trouble du spectre de l'autisme, afin de favoriser les comportements prosociaux, avec des effets bénéfiques quelles que soient les capacités de communication verbale de l'enfant. En milieu hospitalier pédiatrique, la thérapie assistée par l'animal a été associée à une baisse de la tension artérielle et de la douleur, des effets pouvant être médiés par des mécanismes physiologiques. Une exposition de 15 minutes à un chien a été associée à une baisse significative du cortisol (13), et les interactions homme-chien ont aussi été liées à des changements de l'activité électroencéphalographique et de la fréquence cardiaque, pouvant renforcer l'attention partagée et la régulation émotionnelle. Le concept de chien d'assistance judiciaire est apparu aux États-Unis au début des années 2000, en contexte judiciaire. En France, suivant un modèle proche de celui développé en Amérique du Nord,
7 à 17 ans · Réf. NCT07811479